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Subventions dans le flou

Sauve qui peut les festivals

L’État revoit à la baisse ses subventions aux festivals. Ce régime sec est encore plus drastique pour les manifestations consacrées à l’image. De Dompierre-sur-Besbre à Avermes, l’inquiétude est palpable...

Les organisateurs des festivals consacrés à l’image sont sur la sellette depuis que les subventions que leur accordait l’État ont été déléguées au Conseil national du cinéma (CNC). En réalité, peu conserveront son soutien. Une première liste en avait sélectionné cinq. Depuis, plusieurs ont réussi à sauver leur peau. D’après les dernières informations qui circulent, le Festival international du court métrage figure parmi les manifestations toujours subventionnées ainsi que Traces de vie. Pour les autres, c’est le flou.

Verdict le 30 Avril

À Avermes, c’est plutôt la consternation qui domine. « On apprend tout par la presse », déplore Laurence Astier, secrétaire de l’association qui, depuis treize ans, a donné au festival Jean-Carmet une vraie notoriété. Depuis l’apparition des premiers signes d’inquiétude, elle a frappé à toutes les portes… « On a enfin obtenu un rendez-vous à la Direction régionale des affaires culturelles. On a été reçus par le conseiller cinéma. Depuis, il est parti et n’a pas été remplacé ! » Seul un courrier type est arrivé au siège du festival. « On comprend que les crédits vont baisser… Mais on nous annonce que si rien ne nous est notifié avant le 30 avril, cela signifiera que nous ne sommes plus subventionnés… »

Cette drôle de guerre qui se joue actuellement entre l’État et les festivals exaspère les milieux culturels. « Nous avons besoin de savoir où nous allons, explique Laurence Astier. La subvention de l’État, c’est 6 % de notre budget. Déjà, nous avons fait le tour des collectivités locales. Partout, la réponse est identique. On est désolés, on comprend que cette situation va créer des difficultés importantes… Mais les élus locaux ne peuvent se substituer aux services de l’État. »

Château de cartes

Dans l’attente, le festival Jean-Carmet imagine tous les scénarios possibles. « La première hypothèse, c’est de trouver d’autres sources de financement, notamment avec le mécénat privé. Mais nous avons peu d’illusions de ce côté-là. Les grands groupes sont plus dans des logiques de sponsoring. Et les décisions ne se prennent pas au niveau local. L’autre piste, la plus vraisemblable, c’est de supprimer certaines sections du festival, de diffuser moins de films. Pour l’heure, on n’ose pas imaginer cela… »

Pour l’heure… Car, à terme, le festival Jean-Carmet risque de revoir ses ambitions à la baisse. Avec la crainte d’une réaction en chaîne. « Vous savez, conclut Laurence Astier, nous sommes tous interdépendants. Et l’équilibre est très fragile. Si un festival diffusant des films d’art et d’essai disparaît, c’est tout un écosystème qui est perturbé. C’est un château de cartes qui s’écroule. »

12, 2008

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