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L’intégration faite école

Andrès Atenza, directeur de l’ESC Clermont-Ferrand

En 1969, Andrès Atenza quitte sa Murcia natale avec ses parents. Direction Toulouse. Depuis 2001, il dirige l’École supérieure de commerce (ESC) de Clermont-Ferrand. Aujourd’hui, sa région, c’est l’Auvergne. Naturellement.

Est-il facile de prendre la direction d’une école supérieure quand on n’est pas un “pur produit auvergnat” ?
Au fond, l’origine n’a pas d’importance. La Chambre de commerce et d’industrie avait l’ambition de faire de cette école un outil de développement économique tourné vers l’international. C’est peut-être l’une des raisons de ce choix. J’avais enseigné à Barcelone et à Saragosse. Aujourd’hui, nous tissons des relations avec les pays d’Europe de l’Est et en Amérique latine. Ces pays émergents nous ressemblent : leur structure économique et leurs entreprises familiales ont des points communs avec l’Auvergne. Aussi, notre ancrage régional devient un atout pour asseoir notre rayonnement international. Pour convaincre et communiquer, il faut d’abord être fier de son identité.

Quels sont les souvenirs les plus agréables, mais aussi les plus décevants, que vous avez de l’Auvergne ?
Ma plus agréable surprise reste ma rencontre avec les Auvergnats. On me les avait présentés fermés, timorés, introvertis… J’ai eu face à moi des gens ouverts, affables, qui m’ont offert leur amitié et ouvert leurs réseaux en très peu de temps. Les relations sont moins superficielles que dans le Sud. Mais, c’est vrai, il y a eu des déceptions : ce qui me choque le plus, c’est de constater que les atouts de l’Auvergne ne sont pas assez valorisés. Ici, on considère encore la communication comme de la vanité. D’autres régions, qui ont à mes yeux moins d’atouts, sont plus présentes au niveau national et international. Les Auvergnats sont les premiers responsables de cette situation. Nous n’avons pas à rougir face à la situation de Montpellier, de l’Aquitaine ou de la région Provence-Alpes-Côte d’azur.

Votre école attire beaucoup d’étudiants venant d’autres régions ou d’autres pays. Comment perçoivent-ils l’Auvergne ?
Au départ, lors du recrutement national, les étudiants formulent beaucoup d’a priori sur Clermont-Ferrand. Rapidement, les clichés tombent. Ils sont impressionnés par le nombre d’étudiants, la présence d’entreprises de haut niveau, sans oublier, bien sûr, la qualité de vie et la beauté des paysages.

Et comment voient-ils l’Europe?

À l’ESC, nous comptons cette année 14 nationalités, dont beaucoup d’Européens : des Polonais, des Hongrois, des Espagnols, des Portugais, des Allemands, des Italiens, des Britanniques, etc. Du coup, l’Europe est une réalité quotidienne, un modèle de référence. Cela s’exprime en termes de mobilité géographique, mais aussi d’échanges intellectuels. Les étudiants constatent ainsi que nous n’avons pas les mêmes habitudes alimentaires, que nous ne pensons pas toujours pareil, que nous ne négocions pas de la même façon… Ils apprennent à relativiser et à mieux comprendre les autres. Et ils portent un autre regard sur eux-mêmes. Ce véritable appétit d’Europe est très enrichissant.

28, 2005
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Andrès Atenza, directeur de l’ESC Clermont-Ferrand

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