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Des campagnes très européennes

Les médias mettent souvent l’accent sur ces jeunes Français qui s’exilent à Londres afin de trouver un premier emploi. Mais pour l’universitaire Jean-Paul Diry, « le flux inverse est vraisemblablement plus important ».

Pour s’en rendre compte, il suffit de sillonner les campagnes normandes, bretonnes, poitevines ou languedociennes, terres de prédilection pour Britanniques en quête de résidences secondaires.
Le phénomène est désormais aussi perceptible en Auvergne : une agence immobilière anglaise a même pignon sur rue à Sainte-Florine, en Haute-Loire. L’un des responsables de cette enseigne “so british” va à l’encontre des idées reçues : «Seulement 30 % de mes clients recherchent une maison de vacances. Dans la plupart des cas,ce sont des Anglais qui viennent vivre et travailler ici, ouvrir une chambre d’hôtes ou créer une activité informatique. Et quelques-uns ont tout vendu en Angleterre pour vivre de leurs rentes ! ». À ceux qui pointent du doigt l’étranger, le considérant comme le responsable de l’envolée des prix,David Hayter répond tout en nuances : « C’est vrai que des Anglais sont capables d’acheter des maisons en très mauvais état que nous ne pourrions jamais vendre à des Français. Mais il y a aussi des vendeurs qui viennent ici en réclamant un prix stupide pour la valeur réelle du bien qu’ils proposent. Moi, je refuse : je suis un professionnel,j’ai une réputation à défendre. ». En 2004, le départ de la compagnie à bas coûts Ryanair de l’aéroport de Clermont-Ferrand l’a inquiété un temps : « Dans les faits, cela n’a rien changé. On vendrait sans doute un peu plus de résidences secondaires, mais cela conduirait aussi des agences immobilières locales à former du personnel pour se positionner sur ce marché ! ».
Selon Jean-Paul Diry, ce mouvement migratoire est une chance : « Beaucoup de ces personnes font revivre des territoires en perte de vitesse. ». Pour preuve : Gregory Murer et Virginie De Bodt ont quitté la Belgique pour s’installer à Fleurac,près d’Ydes, dans le Cantal. Ils ont importé avec eux la passion de la bière artisanale et veulent s’inspirer des essences du cru pour proposer une mousse locale. Leur micro brasserie devrait voir le jour fin 2006. Pour l’heure, la course aux prêts bancaires est engagée. Cet exemple ne manquera pas de susciter l’intérêt des 120 spécialistes du développement territorial qui, les 18 et 19 mai,vont se retrouver à Vichy pour examiner les motivations de ces Européens qui disent oui à la France.

1, 2006

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En 2005 ,l'agence immobilière de David Hayter, installée à Sainte Florine, a vendu quelque 45 maisons auvergnates à sa clientèle britannique.

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