Exposition à Aurillac
Le FRAC hors les murs...
Diffuser l’art contemporain sur tout le territoire auvergnat et aller à la rencontre de nouveaux publics : pour remplir ses missions, le Frac organise actuellement une exposition au musée d’Art et d’archéologie d’Aurillac.
Tout comme à Clermont-Ferrand, les deux salles d’exposition du musée d’Art et d’archéologie d’Aurillac ont pour cadre d’anciennes écuries. Identiques et symétriques, elles ne pouvaient que suggérer à Jean-Charles Vergne, scénographe de l’exposition, l’idée du miroir. En référence à la suite des aventures d’Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll, il intitule ainsi l’exposition “À travers le miroir”. D’un côté, à gauche en entrant, une première partie sous-titrée “Le secret”. C’est le monde du rêve, du merveilleux, de l’étrange, des signes. Comment interpréter le blues des corbeaux de Daniel Tremblay ? Que cachent les rideaux de Luc Tuymans ? À quoi renvoient ces pulpeuses bouches siliconées de Dennis Oppenheim ? etc. « Il s’agit d’établir pour le spectateur un parallèle entre la vision du créateur d’Alice et un certain nombre d’aspects de la création contemporaine », écrit le directeur du Frac dans la petite brochure offerte gracieusement à chaque visiteur.
Après le monde enchanté…
De l’autre côté, l’intitulé de la deuxième partie de l’exposition, “Western moderne”, atteste que l’on a bien retraversé le miroir. C’est le retour au réel. La sombre installation de Paolo Grassino, dès l’entrée, interroge. L’anti-fresque photographique d’Éric Baudelaire fait écho à une actualité tragique en Irak. L’ambivalence du portrait du “père”, de Yan Pei Ming, restitue la prégnance d’une époque. Etc. Comme Picasso avec Guernica, poursuit Jean-Charles Vergne, ces artistes « témoignent d’une volonté de combattre l’aspiration vers l’oubli… » Ils dressent un portrait sans concession de nos sociétés « parfois régies par les règles du western impitoyable ».
La confrontation d’artistes de renommée internationale (Luc Tuymans, Jonathan Meese, Yan Pei Ming, Claude Lévêque, etc.) et de jeunes artistes auvergnats (Marc Geneix, Sébastien Maloberti, Jean-Louis Aroldo, etc.), l’exposition de leurs oeuvres pendant six mois à Aurillac et le fascicule d’accompagnement offert aux visiteurs sont exemplaires des missions du Frac : constituer une collection de haut niveau, la diffuser sur l’ensemble du territoire régional en soutenant les artistes locaux et sensibiliser tous les publics à la création contemporaine. Cette exposition s’en révèle le miroir.
Un nomade à la conquête des territoires
Le Bief est un centre culturel pluridisciplinaire rattaché à un territoire, celui de cinq communautés de communes autour d’Ambert. Il est financé par l’État ainsi que la Région, mais aussi par le Département et grâce à une cotisation de 1,50 € par habitant de ce territoire. Chaque année, il organise une exposition d’art contemporain en partenariat avec le Frac. « On est exactement dans le type de collaboration que l’on aime vraiment initier avec les structures régionales, se félicite Jean-Charles Vergne, directeur du Frac. Nous sommes une association nomade, avec un pôle central à Clermont-Ferrand, et le Bief fait un travail de fond sur son territoire. Nous sommes complémentaires. Nos missions se rencontrent et se complètent au service de tous les publics auvergnats. » Lionel Zwenger, le directeur du Bief, connaît parfaitement son public. Il est donc demandeur de thématiques précises. Sa prochaine exposition, début 2008, la cinquième en partenariat avec le Frac, devrait associer des oeuvres figuratives et des oeuvres abstraites : « Notre objectif est d’accompagner les gens dans la découverte de l’art contemporain. Cette fois, nous voudrions illustrer le cheminement qui conduit d’une représentation classique à une composition abstraite. Nos expositions sont très attendues. L’an passé, avec les classes scolaires, nous avons reçu, dans la magnifique petite salle ronde de la mairie d’Ambert, plus de 1 500 visiteurs ! »
Première grande expo
Un jeune vidéaste lyonnais, Fabrice Lauterjung, exposera aux Écuries de Chazerat, à Clermont-Ferrand, du 13 septembre au 10 novembre 2007. Ce sera sa première exposition dans une grande institution française. Six petits films d’une dizaine de minutes, d’originaux portraits urbains en super-huit, seront simultanément projetés sur les murs, dans le noir. L’une de ses oeuvres, sur Berlin, est également présente à Aurillac.
10, 2007
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Plume gagnante
Une jeune journaliste de La Montagne remporte le premier prix Varenne 2008.
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