Europavox à Clermont-Ferrand
Mais quelle crooneuse !
Tous les jours du festival, le regard décalé de Hairy Tomato, notre fan européen de musiques actuelles…
Après tant de rock, la soirée pop nous a offert l'occasion de se rincer les tympans. Les candidats à ce reformatage auditif étaient aussi nombreux que la coopé pouvait en accueillir et les organisateurs du festival, un peu vannés tout de même, se félicitaient de constater qu'Europavox a cette année trouvé des oreilles.
Les soeurettes suédoises de Taxi Taxi proposaient de rafraîchissante balades ; avec leur voix tout juste sortie de l'enfance, elles nous auraient de toutes façons conduits où elle voulaient. Sophie Hunger aussi rayonne sur scène. On en venait à se demander si le talent est le critère exclusif qui préside à la sélection des artistes. Sa voix -on pense à Norah Jones- en impose. Et elle est bien entourée. Un polyglotte de mes amis répondait l'autre jour par la modestie à mon admiration : « Plus tu connais de langues, plus il est facile d'en apprendre de nouvelles ». En serait-il de même pour les instruments de musiques ? Le guitariste est aussi flûtiste, pianiste, il joue de l'harmonica et il chante. Comme ce garçon est moins pourvu en mains qu'une divinité hindou, il y avait d'autres titulaires au violoncelle, à la basse et la batterie. Tous étaient bien d'accords pour nous jouer un folk métissé.
Les gars belges de The Tellers sont tombé comme un cheveu sur la soupe. Ce qui n'est pas qu'il y ait eu défaut de maîtrise mais dans la soirée qui s'annonçait comme une fin assagie de festivités, leur rock ne répugnait pas à faire parler la poudre. Ils avaient du bidonner leur CV pour entrer dans cette communauté pop d'un soir. En plus, ils n'ont pas eu de bol. Au début d'un morceau, l'alarme s'est soudainement déclenchée, nous intimant de gagner les sorties au plus vite. Les effets de l'humidité sur les installations électrique étaient en cause. Si l'on est durablement entrée dans une ère diluvienne, faudra tropicaliser tout ça.
Après l'alerte, la bombe. Cette Camille est déjantée. Elle est entrée nous faisant une chorégraphie à la Loie Fuller, et le reste du temps, elle a sauté comme un cabri. Elle s'amuse de sa voix en l'emmenant par de brusque écarts loin de la portée. Et alors derrière elle quelle équipe ! Il y a notamment deux hip-hopeurs qui bruitent avec la bouche. Cette percussion labiale est plus efficace que toute les boîtes à rythme du monde. Au fond, puisant ses influences tous azimuts, la crooneuse et sa bande propose un genre de musique du monde européenne, et lui demander de clore ce festival était avisé. Enfin n'oubliez pas : le spectacle vivant rend la vie moins mortelle.
8/6/2008
9, 2008
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