Europavox à Montluçon
Sound of Choice : Totalement Free
Tous les jours du festival, le regard décalé de Hairy Tomato, notre fan européen de musiques actuelles…
Changement de scène, autre divertissement à nos esgourdes. Loin de l'atmosphère chahutée du concert vichyssois de Sanseverino la veille, le Guingois de Montluçon recevait hier les trois blonds Danois de Sound of Choice pour une session a écouter religieusement. Musiciens de jazz, ce sont des bêtes de studio, qui offrent leurs services à de nombreuses vedettes. Lorsqu'ils se retrouvent, à eux la liberté.
Colette et Henri, des clients fidèles, sont en ce lieu comme à la maison. Lui fait des photos des artistes sur scène avec un matériel du tonnerre. Quand il braque son objectif, on dirait la tour de Pise qui aurait fini de verser. Tous deux étaient enchantés tout en convenant que la performance des musiciens pouvait "déconcerter". Voilà qui est trouvé.
Au plus fort de ses pulsions expérimentales, le guitariste repousse les limites de l'instrument en le frappant d'improbables outils. Pour son hommage à la période dorée du jazz New-Yorkais (50-70), il frotte les cordes d'un serpentin métallique, un gadget vintage qu'on faisait descendre du haut des escaliers. Ce n'est pas sans évoquer les musiques produites par l'enregistrement du vent dans un ouvrage d'art en métal. Mais même en ajoutant batteur, saxo-flûte-clarinettiste et la suite, c'est toujours plus facile à transporter que le viaduc de Garabit. Enfin n'exagérons rien, il y a aussi des sons connus dans cet océan d'étrangeté.
Parfois quelques mesures vous arrivent au cerveau dans une combinaison que votre culture vous a préparé à entendre mais rien qui fasse une mélodie à fredonner sous la douche. C'est ce qui fait le sel de cette expérience sensorielle. Chaque note, et il y en a tant, frappe où on ne l'attend pas. Comme si le type qui vous fait passer un audiogramme avait mis les potards à fond. Familiers de l'improvisation, les trois musiciens utilisent aussi samplers et autres avatars de l'électronique qui rajoutent à l'effet de surprise.
Les enchaînements ésotériques et l'extrême concentration des artistes donnent à l'affaire des allures de rituel. On est flatté qu'ils nous parlent une langue exotique et hardie. Et par la joie qu'ils mettent à la pratiquer, nous persuadent qu'elle est à notre portée.
Ps : Des gars qui sollicitent le photographe Denis Rouvre pour illustrer leur 5ème album ne peuvent être mauvais. Vous trouverez sur ce site des infos sur le groupe, l'image en question, et accéderez au lien vers le site du photographe. Il faut voir sa série "sortie de match" (dans la rubrique "work").
30, 2008
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