Europavox à Clermont-Ferrand
Voix flottées
Tous les jours du festival, le regard décalé de Hairy Tomato, notre fan européen de musiques actuelles…
En fait, peu me chaut le temps qu'il fait. Si je me suis réjoui hier de nous croire passés au régime sec, c'était juste pour dire. Pour autant, voyons le côté positif des choses : s'il ne neige pas la semaine prochaine, on fera du riz en Limagne.
Une cinquantaine de jeunes européens, les ambassadeurs d'Europavox, sont arrivés sur le Festival. Pour leur premier jour, on leur a fait visiter le vieux Clermont et aujourd'hui ils ont le puy de Lemptégy au programme. Sandra, qui chaperonne, était un rien inquiète : « Y'en a qui sont en tongs. »
Les concerts d'hier au moins se donnaient à l'abri, Même si l'on devait reconsidérer les vautrages dans la pelouse, l'enthousiasme des spectateurs n'était pas douché et la grande Coopé était blindée. The Amsterdams a ouvert les hostilités avec un rock senti, ils n'aiment pas les édulcorants. Bien accompagné par une gratte, deux basses, une batterie, le chanteur a un beau brin de voix, venu de quelque part entre la tête et la gorge. Le public qui découvrait par hasard ces Roumains en redemandait.
Derrière eux ont atterri trois Martiens du Portugal. Slimmy. Look gothique mais épuré : torse poil et collant noir. Et musique déconcertante, très électro, ça nous rappelait parfois les Buggles (« Radio kills... »). Des spectateurs qui préfèrent que je ne dise pas leur nom, vu qu'ils avaient séché une réunion pour être là, les ont trouvés « trop tout ». C'est beaucoup.
Gravenhurst étant resté coincé dans quelque aéroport en grève, Cocoon et leur monde de Bisounours ont pris la suite. Un gars, une fille, guitare sèche et clavier. Tous les deux chantent, bien, des ballades sucrées, du folk, et ne crachent pas sur la country. Derrière moi, une jeune fille qui connaissait toutes les paroles chantait et poussait entre les morceaux des cris de Sioux. Comme les efficaces ritournelles nous plaisaient, on n'aurait pas craint qu'elles durent plus.
Enfin venait Girls in Hawaï, des gars belges dont la pop circule déjà travers l'Europe. Et là, le chanteur n'a pas vu malice à nous balancer que chaque fois qu'il vient à Clermont, il fait un temps dégueu... Sous la pluie en effet, j'ai décanillé vers le Magic Mirrors. Je me suis souvenu que Does it offend you, yeah ? qui y était initialement programmé, avait annulé parce que l'un de ses membres s'était crevé un tympan. Hhhgggg. Sous le chapiteau, musique de jeunes, techno, forte. M'en veuillez pas mais j'ai ressorti mon parapluie et suis parti voir si ma maison ne s'était pas dissoute. En plus, ce matin c'est sûr, la boulangère, oubliant qu'elle m'a déjà fait le coup hier, va dire « Oulalaa, c'est déprimant ç'temps, hein ? »
6/6/2008
6, 2008
Girls in Hawai
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