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Un univers très éclectique

Musiciens, graphistes, producteurs, directeurs de salle de concerts, militants associatifs : les promoteurs des musiques actuelles sont nombreux dans la région. Des profils différents, des caractères bien trempés. Et des influences qui vont jusqu’à épouser la réalité des territoires auvergnats.

Sur les pas de Warhol et de Goude…
Certains groupes se sont imposés autant par leur musique que par le design des pochettes de leurs disques. Ainsi, In the court of the Crimson King est incontournable dans une collection digne de ce nom. Le graphisme d’Abbey Road, album des Beatles à la fin des années 1960, reste une source d’inspiration inépuisable. Et au sommet de cet art, toujours inégalée, la pochette culte de Sticky Fingers qu’Andy Warhol signa pour The Rolling Stones. Malgré le CD et le téléchargement, l’esprit rock conserve encore ses typographies, ses couleurs, ses codes. C’est justement dans ce monde à part que Gérald Jay trace son chemin. Originaire de Vichy, il a suivi les cours de l’École supérieure d’arts appliqués de Bourgogne, à Nevers, avant de retrouver l’Auvergne. Dans un immeuble du centre-ville de Clermont-Ferrand, il a installé son bureau et apposé son enseigne, Arkétype. Affiches de festivals ou de concerts, pochettes d’albums : Gérald Jay parvient, à moins de 30 ans, à se faire un nom parmi les initiés des musiques actuelles en Auvergne. Un privilège qu’il mesure à sa juste valeur : « Pour un graphiste, travailler sur l’identité visuelle d’un groupe de rock permet d’accéder à une dernière plage de liberté. Dans le milieu institutionnel, notre créativité est souvent bridée : il faut toujours un équilibre entre l’audace et le compromis… »

La vielle à la pointe du combat
La vielle… vous connaissez ? Oubliez vos préjugés et découvrez cet instrument avec le travail de Patrick Bouffard. Depuis trente ans, cet artiste clermontois est un ambassadeur passionné des musiques traditionnelles, « des musiques intemporelles et vivantes ». S’il aime à souligner la fonction sociale et les valeurs humaines de la musique traditionnelle dans la culture rurale, Patrick Bouffard refuse de cloisonner son art dans ce seul champ. Sa mission est plus universelle, contre le formatage des esprits par l’industrie du disque, qui veut imposer une world music politiquement correcte. « Je me bats contre un génocide culturel. À l’inverse, il faut atteindre l’universalité en affirmant nos particularismes. Moi, j’aime cette idée de pouvoir identifier une musique d’où qu’elle vienne… » D’autant que les origines sont souvent multiples : « Les musiques de tradition sont les premières musiques métissées. C’est une histoire bien plus riche que l’imagerie folklorique. J’aime brouiller les pistes, révéler un côté berbère dans un morceau bourbonnais. » Une richesse dont la portée humaniste n’échappe pas au musicien : « Je me sens un citoyen du monde. Et je n’ai qu’un seul message : connais-toi toi-même et tu connaîtras tous les peuples du monde. Quand on est en règle avec soi, quand on est en paix avec ses racines, avec son identité, les risques de rejet de l’autre ne sont plus aussi grands ! »

Un bocage bourbonnais très jazz
Marquée par un long passé industriel, l’agglomération clermontoise est très rock, très métal. Mais du côté de l’Allier, avec la douceur des vallons, c’est le jazz qui prend le pas sur toutes les autres musiques actuelles. Cette spécificité se retrouve au Guingois, une salle de concerts à Montluçon. Mais il y a aussi d’autres institutions, dont le pianocktail, toujours dans cette ville, le bar Antoine Blandin, à Cusset, et la Cave de l’Hôtel Moret, à Moulins. Le jazz prend même la clé des champs et s’installe à Lavault-Sainte-Anne pour le festival Jazz au fil du Cher et à Rocles, le temps de Jazz dans le bocage.

7, 2007

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Un univers très éclectique

Gérald Jay revisite les codes graphiques des musiques actuelles.

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Régis Marcon

Régis Marcon
Auréolé d’un nouveau titre, « chef de l’année 2011 » lors des Trophées de la gastronomie et des vins à Lyon, Régis Marcon reste plus que jamais attaché à son village de Saint-Bonnet-le-Froid, aux confins de l’Auvergne. Et il demeure fidèl

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