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Et puy voilà !

Vulcania s’attache toujours à diffuser des connaissances, mais tient à ce que ses visiteurs s’amusent. Le volcanisme est un phénomène spectaculaire ; le Centre européen du volcanisme en a fait un spectacle.

Vulcania tout en relief
Ce week-end-là quelque 1 500  camping-caristes  se  sont  retrouvés  à  la Grande Halle d’Auvergne. Ils ont rayonné dans la région pour la découvrir et avaient inscrit à leur programme une visite de Vulcania. Badge au cou, une vingtaine d’entre eux suivent Saïd, un guide scientifique. La mise en bouche proposée au groupe est emblématique de l’évolution que sa direction a souhaitée pour attirer les visiteurs. Le réveil des géants d’Auvergne est un film diver- tissant et spectaculaire. Les seniors nomades ne boudent  pas  leur  plaisir.  Le  réalisateur,  François Granier, avait déjà monté pour Vulcania le film Irruptions  en  trois  dimensions.  En  plus du relief,  les sièges  sont  désormais animés  et  des gadgets  ménagent  d’autres  surprises. C’est  un scénario  catastrophe  :  que  se  passerait-il  si  la chaîne des Puys se réveillait ? L’effet de relief est particulièrement  réussi  et  les  gloussements  se multiplient lorsque la trompe d’un mammouth vient   vous   chatouiller. On est brumisés, secoués, surpris. Les reptilo-phobiques en sortiront guéris ou... Rassurez-vous, l’équipe de sécurité des lieux compte des sauveteurs-secouristes !

Mars et ça repart
Détendu et dans le bain, le groupe est cueilli à sa sortie de la salle par Saïd. Il va leur faire un exposé de vulcanologie, « un phénomène universel ». L’explication est truffée d’informations,  de  chiffres  incommensurables et de records. Va pour un tour sur Mars, « où il n’y a pas de Martiens, mais beaucoup de volcans » : on  y  trouve  une  coulée  de  lave  de  plus  de 6 000 kilomètres et le mont Olympe, un volcan dont   le   diamètre   est   de   600   kilomètres. Prométheus,  ailleurs  dans  la  galaxie,  crache, quant à lui, « chaque seconde 10 000 tonnes de roche  pulvérisée  ».  Retour en  Auvergne,  où  se trouve le plus grand volcan d’Europe : « Le Cantal. Pensez au fromage… » Les éruptions ont une inci- dence sur les variations climatiques. On la mesure, mais  on  la  distingue  fort  bien  de  l’influence indéniable de l’activité humaine sur le réchauf- fement de la planète. « C’est mon devoir de vous informer de certaines choses », conclut Saïd.

Les volcans sont éternels
Il fait de la vulgarisation pour instruire son auditoire, mais lui-même est plutôt pointu sur la question. Il pensait se spécialiser  dans  la  recherche  après  son  doctorat  de géologie à l’université de Clermont-Ferrand et un post-doc de géochimie à Bristol. Finalement, il choisit la médiation scientifique, qu’il a déjà exercée pendant ses études. « C’est intéressant de partager sa passion. »

En 2002, Saïd entre à Vulcania. Ce chargé de mission scientifique passe un tiers de son temps à accueillir du public, averti ou béotien, de toutes générations. Il est responsable du service éducatif, en relation avec le milieu scolaire, et formateur auprès du personnel saisonnier. Il a l’air comme chez lui dans l’univers un peu James-Bondesque du centre. Et  semble ne pas regretter l’université. « Contrairement  aux  pays  anglo-saxons,  où  la recherche est très médiatisée, l’université reste en France  un  milieu  fermé.  »  La  divulgation  des découvertes est pourtant rendue « nécessaire par l’enjeu environnemental ». De plus en plus sont développées  pour  le  public  des  thématiques satellites autour de la vulcanologie, touchant à la vie de la planète et reliées à l’actualité « Le centre, nous explique le guide, a adapté son discours au public. On est aujourd’hui plus ouverts et les retours sont meilleurs.

Secouez-moi, secouez-moi
Tant mieux, parce que Vulcania  a  beaucoup  fait  pour  retrouver  son public. La saison 2006 a été raccourcie de trois mois, le temps de réaliser d’importants travaux. Une campagne de communication de 1,5 million d’euros  a  été  lancée  sur  la  saison  2007  pour faire savoir que le centre renouvelait 80 % de sa scénographie. Sur trois ans, la Région Auvergne consacre 17 millions d’euros à ce projet, où « l’émo tion et les sensations deviennent de véritables vecteurs de  connaissance  et  de  découverte  »,  annonce  le programme. Le grand cratère semblait tout ce qu’il y a d’endormi. On l’a vitaminé. Pour la mise en condition du visiteur, il est désormais scénarisé.  Grondements,  fumées  et  flammes remontent d’un insondable fond. Les aventuriers se  voient  également  proposer  un  voyage  dans une cheminée magmatique. Le Commandant zin- zin, de l’expédition Magma Explorer, recommande de s’accrocher ; on est secoués. Ce vaisseau simili- réfractaire  vient  de  Hollande.  Il  a  été  installé dans un volcan fait d’une coulée... de 20 tonnes de  béton.  La  plate-forme  dynamique  produit roulis, arrêts brusques, secousses saccadées, sensa- tion de descente ou de montée. Le voyage dure 6 minutes, pas le temps de languir.

T’as pas un chouingue ?
Les fauteuils sont inertes, et confortables, dans la salle de Planète Observeur. Et l’on retrouve Saïd aux manettes. Grâce à un procédé  gagnant  beaucoup  à  être  projeté  sur grand  écran  accompagné  d’un  commentaire, on peut planer au-dessus des volcans endormis par images satellites interposées. Ainsi, le centre a fait la fusion des sensations – 832 éruptions et  289  tremblements  de  terre  par  an  –  et  de l’éducation – 2 761 heures d’animations pédagogiques pour les scolaires. On y organise quelque 500  animations  pour  les  plus  petits  et  autant d’ateliers “Sauvetage in extremis de Clermont- Ferrand”. C’est dans la grotte d’à côté qui ressemble à un laboratoire, Le coin des expériences. Yann, l’animateur scientifique, est devant une maquette et propose à des enfants des ouvrages de  pâte  à  modeler.  Sauver  Clermont-Ferrand d’une irruption imminente en posant des barrages, c’est du boulot. Et l’animation, un métier, dont Yann  connaît  toutes  les  ficelles  :  la  coulée  de lave  semble  inoffensive,  mais  évoque  terriblement du Malabar liquide. Ouuuh ! Le quartier de Galaxie est dans le chewing-gum. « Vous avez essayé d’arrêter la coulée... D’autres ont préféré la détourner : elle sortait de la maquette et me tombait sur les chaussures. » Les enfants sont contents, leurs parents, très fiers. Yann va, lui, nettoyer la vallée de la Tiretaine.

Locomotive touristique
Les retombées économiques de Vulcania en Auvergne représentent entre 32 et 48 millions d’euros annuels. 38 % des visiteurs de Vulcania ont choisi l’Auvergne du fait de la présence du centre et 56 % des visiteurs de Vulcania découvraient l’Auvergne. 40 % des visiteurs de Vulcania envisagent de revenir en Auvergne dans les deux prochaines années.

Volcan structurant
Le caractère structurant de Vulcania sur l’économie locale a été confirmé par l’inscription de cet équipement dans le contrat de projets qui identifie pour la période 2007-2013 des projets d’envergure indispensables au dévelop- pement de l’Auvergne et sur lesquels s’engagent financièrement l’État et la Région.

Zoom sur Planète Observateur
Le procédé est une exclusivité mondiale. Des images satellites Landsat sont plaquées sur un modèle numérique du terrain. On visualise la Terre dans son ensemble, mais on peut zoomer pour se rapprocher du plancher des vaches et naviguer à 15 mètres du sol. Le point de vue peut aussi se redresser pour fixer l’horizon... et les chaînes volcaniques. Cette couverture générale satellitaire est constituée d’une mosaïque de plus de 7 000 images proprement “suturées” par la société Planet Observer. Ces images illustrent un exposé sur le fonctionnement de la planète et l’impact de l’Homme sur les éléments : atmosphère, végétation, glaciers et océans

Une fréquentation à la hausse
Un mois et demi après son ouverture, le 21 mars, les chiffres de fréquentation de Vulcania étaient favorables avec une progression du nombre de visiteurs de 15 % par rapport à la même période en 2006. Cette première étape est conforme aux prévisions de 250 000 visiteurs en 2007 et 300 000 à l’horizon 2009. La volonté de “conquérir” les Auvergnats pour en faire “les ambassadeurs” du centre a été suivie d’effets. Le nombre d’Auvergnats prenant leur ticket d’entrée ont augmenté de 60 %. La durée moyenne de la visite s’est allongée. Et les visiteurs estiment qu’à Vulcania, « on apprend plein de choses » (à 80 %), qu’« on y passe un bon moment » (87 %).

9, 2007
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