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Les élus misent sur la concertation

À la recherche du bon équilibre

Au nom du développement durable, le Conseil régional veut conforter les élevages moins polluants et a décidé de suspendre les aides aux batiments d'élevage porcin dans l'attente des conclusions d'une étude indépendante qui sera lancée prochainement.

Depuis, les réunions de travail se multiplient, avec l’École nationale d’ingénieurs des techniques agricoles dans le rôle de l’expert. Cette réflexion viendra compléter un arsenal de mesures et de directives européennes qui ont déjà toutes la même ambition : permettre aux élevages porcins de se développer en tenant mieux compte de l’environnement, lutter contre la pollution des eaux par les nitrates et améliorer la vie de l’animal.

Aides suspendues
En France, la construction et l’extension des bâtiments d’élevage font l’objet de dispositions spécifiques : l’étude d’impact prévue pour les installations classées est ainsi obligatoire à des seuils inférieurs de quatre à cinq fois ceux fixés par les textes européens. Mais si elle est encadrée par de nombreux textes réglementaires et législatifs, l’activité reçoit aussi un soutien constant de la part des pouvoirs publics. Dernier plan en date: en janvier 2004, un plan d’action pour la filière porcine a été annoncé parle ministère de l’Agriculture. Il prévoit 15 millions d’euros sur cinq ans.
Parmi les aides financières accordées aux éleveurs,la Région n’est pas en reste. En Auvergne, un dispositif de développement de la production porcine a vu le jour en 2000, au moment où les autorités européennes tentaient d’enrayer la surproduction de porcs. Depuis, 94 dossiers ont reçu un soutien régional, pour un montant global de 1,3 million d’euros.

Sous surveillance…depuis 1810
Les risques liés aux porcheries ne sont pas nouveaux. Bien avant l’apparition des élevages sur caillebotis, un décret de 1810 classait les porcheries parmi les établissements “à surveiller”. Dans le Puy-de-Dôme, David Drosne a en charge, au sein de la Direction des services vétérinaires, la protection de l’environnement, et donc les 2 422 installations agricoles classées de ce département. En 2004, son service a dressé huit procès-verbaux pour des bâtiments d’élevage, dont deux pour des porcheries. Dans un cas, les fonctionnaires ont noté une installation électrique totalement défectueuse. Pour l’autre, une pollution caractérisée, provoquée par l’épandage de lisier à proximité immédiate d’un cours d’eau. L’infraction a été signalée par les gardes-pêche dans une commune du Livradois-Forez. Cette coopération demeure essentielle : la vérification du respect des normes dans les exploitations agricoles occupe deux personnes à temps plein au sein de ce service de l’État. « Compte tenu de notre charge de travail et du nombre d’installations classées dans le Puy-de-Dôme, certaines porcheries seront contrôlées dans vingt ou trente ans », confie David Drosne.

10, 2005

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