Nouveau souffle
Où va Vulcania ?
Le Conseil régional a dévoilé son plan de développement pour assurer l’avenir du Parc européen du volcanisme.
Ouvert en 2002, le Parc européen du volcanisme doit trouver un nouveau souffle. C’est l’enseignement premier de l’audit remis le 15 avril dernier par le cabinet Contours au Conseil régional d’Auvergne*. En effet, après une première année excellente avec 626 765 visiteurs, Vulcania a subi une érosion rapide de sa fréquentation : 584 189 entrées en 2003 et 420 777 en 2004. Initialement, 800 000 visiteurs étaient attendus en 2005 ! Cette baisse aura des répercussions rapides :alors que le parc devait atteindre l’équilibre financier après cinq ans d’exploitation, les projections font apparaître des pertes cumulées de 30 % à 50 % du capital à la fin 2005. À ce rythme, si rien ne change, le délégataire ne pourra pas être en mesure de faire face à sa redevance à la Région au-delà de 2006.
Investissements scénographiques
Avant de se projeter dans l’avenir, cet équipement phare du tourisme en Auvergne doit, par conséquent, regarder la réalité avec lucidité. Et la photographie fournie par l’audit est riche d’enseignements.
Parmi les “plus” incontestables, la qualité architecturale et l’intégration du bâtiment dans son environnement. C’était pourtant l’un des aspects les plus controversés lors de la genèse du projet… Selon le cabinet Contours, les zones d’ombre sont ailleurs! Notamment, l’effort en muséographie n’a pas été suffisant dès le départ, avec seulement 10 % du coût total de l’investissement global, et il ne s’est pas prolongé par la suite. Or, sans cette capacité à se renouveler sans cesse, le parc vivra essentiellement grâce à un public extra-régional, un public de passage certes bienvenu mais qui, à lui seul, ne pourra suffire à garantir l’équilibre du projet. Pour casser cette spirale, Vulcania doit partir à la conquête de son public auvergnat, le séduire et lui donner toutes les raisons de revenir le plus régulièrement possible!
Des décisions urgentes sont donc nécessaires pour enrayer les pertes financières et garantir l’avenir du parc. C’est la voie prise par le Conseil régional d’Auvergne, qui a dévoilé juste avant l’été un plan de développement pour Vulcania. Plusieurs actions seront ainsi lancées pour donner une impulsion nouvelle. Le premier effort portera sur la scénographie. La Région fera appel à un professionnel de renom pour repenser tous les espaces destinés au public. Ce plan d’investissement, bâti sur trois ans, devra permettre entre autres de concevoir une salle entièrement nouvelle consacrée à la vulcanologie en Auvergne.
Stratégie plus musclée
Le positionnement stratégique de Vulcania sera aussi revu. En particulier, les liens avec l’université et la recherche, mais aussi le public scolaire seront au cœur des nouvelles obligations de service public, à côté des dispositifs mis en œuvre pour accueillir le grand public et s’ouvrir à l’organisation d’événements, en partenariat avec le monde de l’entreprise. Troisième idée : le parc devra créer de nouvelles synergies. En clair, il faudra faire la paix avec le puy de Lemptégy, une offre touristique voisine qui draine un public non négligeable. L’idée d’un billet commun, à tarif réduit, permettant l’accès à Vulcania, à Lemptégy et au sommet du puy de Dôme s'est enfin concrétisée. Et cette cohabitation amicale ne devra pas se limiter à la billetterie. Le Conseil régional propose de réfléchir aussi aux modes de transport, qui devront, à terme, relier ces trois pôles touristiques majeurs.
Enfin, Vulcania se dotera d’un projet d’établissement conclu entre la direction et le personnel. Au programme de cet accord, des questions dont on ne pourra pas faire l’économie, telles que la durée d’ouverture du centre et ses impacts économiques et sociaux. À 950 mètres d’altitude, le parc enregistre, durant plusieurs mois, février et mars notamment, des entrées en nombre trop restreint. Et si les recettes ne sont pas toujours au rendez-vous, les charges, elles,peuvent exploser. Ainsi, cet hiver, le parc a dû acheter quelque 14 tonnes de sel ! L’une des conséquences de cette durée d’ouverture inadaptée est aussi une masse salariale pour la seule restauration proposée à Vulcania atteignant 50 % du chiffre d’affaires, alors que la norme, traditionnellement, ne dépasse pas les 30 %.
ne saison à guichets ouverts
"Vulcania pense son avenir et agit au présent…Cet été,l’actualité du parc sera chaude,avec une avalanche d’animations les plus variées. Ici, un conteur explore la légende de la bête du Gévaudan… Plus loin, un jeu de piste permet de repartir fièrement avec son diplôme d’explorateur en poche...
Le centre de documentation s’enflamme avec les volcans extraordinaires de Jules Verne. Sans oublier le simulateur de séismes, l’une des animations chocs de la saison 2005."
* Le Conseil régional d’Auvergne est propriétaire de Vulcania, dont la gestion est déléguée à la société SEM Volcans dans le cadre d’une délégation de service public.
17, 2005
Vulcania veut redresser la pente
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