Souvenirs d’une arrivée en LEP délicate
Une entrée et l'addition
Quand leur fils a voulu faire un BEP Hôtellerie à Yzeure, les Germond ont dit banco. Sans se douter que la liste des manuels, vêtements et autres couteaux professionnels allait flamber l’addition.
Un père employé dans une grosse entreprise moulinoise, une maison agréable dans un lotissement de Bessay-sur-Allier, une fille étudiante : la famille Germond n’est pas l’archétype du foyer en difficulté, de ceux qui rayent la ligne colonie et centre aéré du budget pour autoriser l’entrée en seconde ou ne peuvent payer qu’en décembre les outils de leur enfant entré en lycée professionnel. Pourtant, quand, en 1999, leur fils cadet choisit après la troisième de s’orienter en BEP Hôtellerie au lycée professionnel Jean-Monnet, d’Yzeure, les Germond découvrent que le coût de la rentrée est sans commune mesure avec celui des années de collège : « On ne s’y était pas préparés, parce qu’on pensait que le lycée fournissait tout, les machines, les outils.On croyait acheter un vêtement de cuisine, et pas plus loin », se souvient Gérard Germond.
Un budget imprévu de 400 Euros
Une centaine d’euros pour les livres, 130 pour la mallette de couteaux professionnels, au moins 150 pour les vêtements (« il faut un minimum de deux jeux de vestes et de pantalons, pour en avoir toujours un de propre »), même achetés « dans le magasin le moins cher de Moulins », tout cela donne une addition finale à plus de 400 euros. Beaucoup moins que les 1 000 euros annoncés en section esthétique, mais un gros morceau quand il faut déjà digérer le budget fac de l’aînée.
« Si notre fils avait dû aller loin d’ici, ça aurait été très, très difficile », reconnaît Gérard Germond, qui n’a pas eu à regretter l’investissement. « Une fois là-bas, il a fait du bon boulot, les profs et les installations sont vraiment très bons. »
Délégué FCPE au conseil d’administration de Jean-Monnet pendant la scolarité de son fils, Gérard Germond siégeait dans la commission d’attribution du fonds social lycéen : « En LEP,on voit surtout des enfants de familles modestes ou très modestes. Il y en a qui commençaient l’année sans avoir leur équipement et qui passaient par le fonds d’aide. Je suis sûr que certains n’ont pas pu venir parce qu’ils n’avaient pas d’argent.». L’initiative du Conseil régional lui paraît donc salutaire, à condition de « responsabiliser les gens au maximum ». « C’est bien d’aider, mais il faut que les gens se rendent compte du geste que fait la collectivité.»
17, 2005
Après les années de collège, la famille Germond a découvert la facture des lycées hôteliers
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