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Jennifer, 32 ans, assistante américaine

« Je suis comme une grande soeur »

Jennifer Rasigade fait partie des 60 étudiants étrangers mis à disposition des lycées publics et privés en Auvergne chaque année par la Région. Cette fille du Kentucky intervient dans un lycée de l’agglomération clermontoise.

Le protocole est bien borné : sept heures de conversation dans sa langue maternelle dispensées chaque semaine à des lycéens de seconde, première et terminale, réunis en petits groupes de cinq ou six, et une contrepartie de 400 à 530 euros par mois pour l’étudiant. Ce dispositif, historiquement réservé à des anglophones, a été étendu par la Région en juillet 2005à de jeunes Allemands, Espagnols ou Italiens.Un appui non négligeable pour les assistants nommés par le rectorat et une offre opportune pour les enseignants, qui plébiscitent ce type de partenariat pédagogique. « C’est un complément très utile,selon Jean-Emmanuel Guerlesquin,professeur d’anglais, chargé de l’accueil des assistants étrangers au niveau académique. Aujourd’hui,la règle est que l’on doit habituer les élèves au maximum d’accents du monde anglophone. » Et de se souvenir de Rory, un jeune Irlandais enrôlé il y a deux ans, dont l’accent très prononcé a obligé ses jeunes interlocuteurs à s’adapter.
« L’apprentissage de la langue ici est le même qu’aux États-Unis : on écrit beaucoup, mais on ne parle pas assez », analyse Jennifer Rasigade, étudiante américaine chargée de classes depuis 2003 parle biais de ce dispositif. Elle reconnaît qu’au début, que ce soit à Ambert ou ensuite dans l’agglomération clermontoise, le choc a été rude pour les lycéens confrontés à son accent de Louisville, Kentucky. Et la jeune femme,mariée à un salarié Michelin et étudiante en LEA,a elle aussi essuyé les plâtres : « Je n’avais pas du tout d’expérience. C’était une grande aventure,même si les élèves étaient doux et gentils. J’ai appris en lisant des livres et en parlant avec les professeurs.Aujourd’hui, notre formation est plus complète,notamment en termes de méthodologie. »

Échange avec Louisville
Alors que sa motivation première était financière, Jennifer Rasigade a depuis mis du cœur à l’ouvrage : pour ses étudiants les plus récalcitrants, elle s’est creusé la tête afin de trouver des jeux ou des débats dignes de capter leur attention. « Je suis un peu leur grande sœur. »Elle a aussi fait remplir en fin d’année à ses élèves des fiches pour savoir ce qui leur avait plu ou déplu. En 2004, elle a organisé un échange avec son lycée de Louisville, qui s’est poursuivi cette année. Car ces heures de conversation sont des allers-retours permanents : « En réalité, les lycéens m’aident aussi beaucoup dans mon apprentissage du français. »

1, 2007
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« Je suis comme une grande soeur »

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