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Les embêtements du BTP

Depuis 1986, le Conseil régional construit et rénove les lycées auvergnats. Cette compétence se heurte maintenant à la pénurie de main-d’oeuvre existant dans le secteur du BTP. La situation est encore plus tendue avec le démarrage du chantier clermontois de l’hôpital d’Estaing, qui mobilise les forces des entreprises du bâtiment.

Les procédures d’attribution de marché public visent à obtenir des entreprises prestataires le meilleur service au prix le plus juste. En répondant à un appel d’offres, les candidats au marché savent que d’autres qu’eux sont sur les rangs, que le meilleur sera choisi. Mais en ce moment, dans le secteur du BTP, ce principe se heurte à la réalité : les entreprises, débordées, choisissent seulement les chantiers qui les intéressent vraiment et il y a tant à faire qu’elles n’ont plus à lutter pour emporter les marchés. L’offre et la demande sont déséquilibrées ; les prix ont tendance à flamber.
Les budgets affectés à la construction et à la rénovation des lycées auvergnats n’ont cessé d’augmenter ces dernières années (entre 30 et 35 millions d’euros au début des années 2000, 46 millions en 2004, 51 millions en 2005, 47 millions en 2006) pour atteindre 63,5 millions d’euros en 2007. Ils devraient rester à ce niveau jusqu’en 2010. Mais l’indisponibilité des entreprises du bâtiment est un obstacle à une exécution rapide des travaux.

Une ou deux réponses !
Le problème, qui est apparu il y a deux ans, n’a cessé d’empirer. Ainsi, sur le marché global du futur lycée du bâtiment de Riom, la Région a lancé un appel d’offres européen pour trouver l’entreprise générale qui réalisera l’ensemble des travaux : il a suscité... une réponse. Dans d’autres cas, on s’est félicités d’en recevoir deux. Souvent, on procède à un appel de marché par lots séparés – on recherche chaque corps de métier – et il n’est pas rare que 7 ou 8 lots sur 20 ne reçoivent aucune offre. L’exemple du lycée du bâtiment de Riom est particulièrement édifiant, puisque construire du neuf est théoriquement ce que les entreprises préfèrent. La difficulté pour trouver des candidats est souvent encore plus grande lorsqu’il s’agit de rénovation. Quant aux
mises en sécurité, qui obligent à gérer de multiples interventions dispersées dans les bâtiments, les entrepreneurs répugnent désormais à les faire. « Même si l’on encourage les entreprises à faire des offres en conséquence, souligne-t-on à la Région, elles se détournent de ces marchés. »

Vers une flambée des prix ?
La situation, générale en France, de tension dans les métiers du bâtiment s’est localement aggravée avec le lancement du chantier de l’hôpital d’Estaing à Clermont-Ferrand. On a prévu d’y investir 140 millions
d’euros HT de travaux. Par comparaison, c’est plus de trois fois le prix du lycée du bâtiment de Riom. Le projet va mobiliser pendant trois ans et demi entreprises et main-d’oeuvre non seulement régionales, mais aussi d’ailleurs. Dans ce contexte de hausse des prix provoquée par la “constructionnite” aiguë, comment s’assurer alors que les entreprises, bien placées pour connaître la situation, ne vont pas en profiter pour alourdir les devis ? La commission d’appel d’offres dispose de l’estimation des travaux faite par le maître d’oeuvre, souvent l’architecte, pour juger de la justesse de l’offre faite par une entreprise. Dans le cas où la proposition ne lui conviendrait pas, elle peut déclarer l’appel d’offres infructueux et en lancer un nouveau. Mais cela aura pour conséquence d’allonger le programme de six mois. Or, la progression des prix dans le bâtiment atteignant 6 % l’an actuellement en France – sûrement plus localement –, un retard de six mois sur une opération à 40 millions d’euros signifie tout simplement un budget alourdi de 1,2 million d’euros. En supposant que la situation ne s’aggrave pas encore...

1, 2007
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Les embêtements du BTP

La construction et la rénovation des lycées se heurtent à la pénurie de main-d’oeuvre que connaissent les entreprises du BTP.

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Régis Marcon

Régis Marcon
Auréolé d’un nouveau titre, « chef de l’année 2011 » lors des Trophées de la gastronomie et des vins à Lyon, Régis Marcon reste plus que jamais attaché à son village de Saint-Bonnet-le-Froid, aux confins de l’Auvergne. Et il demeure fidèl

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