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Sous le signe du design

Roger-Claustres sort de l'ombre

Finis les clichés et la mauvaise réputation ! Lancée depuis plusieurs années et conduite sous la houlette du cabinet d’architectes Panthéon, la rénovation du lycée Roger-Claustres donne une vision décapante de l’enseignement professionnel.

« Une architecture de qualité, une lumière exceptionnelle, un mobilier contemporain » : le nouveau bâtiment du lycée professionnel Roger-Claustres, à Clermont-Ferrand, est déjà une réussite aux yeux du professeur d’arts appliqués. Il faut bien le constater, le cliché, rude, de l’enseignement professionnel s’efface au profit d’un parti esthétique assumé.
Selon l’architecte Geneviève Panthéon, «les locaux doivent sortir de l’image traditionnelle du lycée pour permettre d’ouvrir l’enseignement professionnel sur le monde de l’entreprise». Elle accorde le plus grand soin aux détails : chaises, canapés et tables portent la griffe de designers tels que Starkou Ron Arad.
Ces choix ont provoqué parfois de solides polémiques. L’Éducation nationale en général et les lycées professionnels, en particulier, n’ont pas toujours l’habitude d’être traités avec autant d’égards. « On ne change pas facilement sur ses fonds propres pour des chaises à 150 ?», nuance le conseiller principal, Éric Sabin. Aux premières loges, le proviseur Joël Leroux observe : « C’est important que les élèves identifient ces lieux comme un endroit où ils sont bien, avec une vraie qualité de vie. Et tout ce qui est gagné sur la perception de l’établissement se retrouve sur le plan pédagogique.».
D’après les surveillants, le jeu en vaut la chandelle. Pour preuve : dans le nouveau bâtiment, on note moins d’actes de vandalisme.

Fatigue et impatience

Mais depuis quelques mois, l’internat et le service de restauration sont en chantier. Interne de première en bac Productique, Angélique témoigne : « À 18 h, on nous appelle, il faut partir pour prendre le car vers notre nouvel internat, où il n’y a même plus de garçons. Matin, midi et soir, on voyage ; jamais de pause après les cours. C’est fatigant. On en a marre.». Lucie, en deuxième année de CAP prothèse, exprime quelques regrets : « Quand tout sera fini…nous, on ne sera plus là.»

Toutes ces réserves trouveront sans doute, d’ici la fin du programme prévue dans quatre ans, leur réponse. À 100 km de là, c’est ce que semble prouver l’exemple d’un autre lycée professionnel, celui d’Yzeure. Grâce à sa réhabilitation, l’établissement a tissé de nouveaux liens avec les entreprises. Et le proviseur, Serge Meunier, note un véritable changement dans le travail des élèves. C’est aussi cela le bénéfice d’un lifting réussi.

17, 2005
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