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L’homme dans l’univers

Comme un éclair de lucidité

Le réchauffement climatique se traduit aussi par une multiplication des phénomènes extrêmes. Chasseur d’orages, Alex Hermant se mesure aux tempêtes et aux tornades. À force de guetter la foudre pour la graver sur la pellicule, il regarde, depuis Marcenat, le monde avec sagesse.

À elle seule, sa carte de visite est déjà une invitation au voyage : “traqueur d’orages”. Alex Hermant a fait de sa passion d’enfant une profession, photographiant les éclairs sous toutes leurs coutures, de nuit comme de jour. Des clichés saisissants qui intéressent autant la presse grand public que les fabricants de paratonnerres. « Ma destinée est électrique», avertit ce chasseur de sensations fortes, qui n’hésite pas à parcourir chaque année plus de 100 000 kilomètres, dont plus de la moitié sous des orages violents. « J’ai plus peur de l’aquaplaning que de la foudre.».  Quelques phénomènes resteront gravés à jamais dans sa mémoire, comme cet orage, le 13 mai 1988, à Vierzon, ou encore cet orage caniculaire qui frappa Grenoble le 28 août 2003. Mais ses plus beaux clichés, il les doit aux orages dans les gorges du Verdon et à ceux qui, dans le Languedoc, s’abattent sur la Méditerranée.
Naturellement, son insatiable soif d’éclairs le conduit à suivre de près les changements climatiques : «Il y a toujours eu des phénomènes météorologiques effrayants et il faut se montrer prudents. On ne peut raisonner à l’échelle d’une vie d’homme. Mais il est vrai que nous avons l’impression de rencontrer des orages de plus en plus violents, notamment dans le sud de la France,et on voit très nettement des orages se transformer à l’approche d’activités industrielles. »

A la recherche de l'intelligence de l'orage
Seul face aux éléments déchaînés, Alex Hermant s’interroge sur lui-même, sur la nature humaine, sur le sens de la vie. « Le climat change parce que l’univers change. Bien sûr, il existe des causes humaines et industrielles. Mais il faut aussi admettre que nous évoluons dans un monde qui n’est pas figé. Le changement est le propre de la matière, mais cette évidence, notre société l’a gommée, avec des paysages sécurisants et des certitudes. Et pourtant, à force d’expliquer comment se crée un orage dans une masse d’air en moins de 20 minutes et d’exposer les catastrophes qui peuvent être provoquées par un impact de foudre, je suis obligé d’aller au-delà des approches rationnelles. Ce qui m’intéresse, c’est la lumière, l’intelligence de l’orage, la recherche ésotérique de la foudre.».
La démarche peut dérouter les esprits cartésiens dans une société qui veut tout comprendre et tout maîtriser. Mais Alex Hermant revendique le doute et l’humilité de l’homme face à l’univers :« Depuis Aristote, nous voulons rationaliser le monde. En réalité, nos réponses sont souvent l’expression de théories approximatives, réconfortantes, accommodantes. Elles ont débouché sur de grandes conquêtes technologiques. Nous fabriquons des avions… mais nous sommes incapables de rendre à un ruisseau sa pureté d’origine. Car pour y parvenir, il faudrait tout remettre en question, des engrais que nous répandons dans les prés aux produits que nous déversons dans l’évier quand il est bouché. Nous sommes empêtrés dans nos contradictions. Oui, la société que nous bâtissons nous offre le confort et elle nous conduit à notre perte. Il faut peut-être l’admettre. Et je ne vois pas qui pourrait prétendre à l’exemplarité.».
Alors que le tonnerre gronde dans les salles du musée de la Foudre qu’il a créé dans le petit village de Marcenat, dans le Cantal, notre traqueur d’orages entretient le mystère, poussière d’étoile dans un monde qui s’emballe : « Ce que les visiteurs recherchent avant tout en poussant la porte du musée de la Foudre, ce sont des sensations. La plupart ne viennent pas pour comprendre la naissance d’un orage mais pour avoir peur.». À entendre le discours à la fois sage et froid d’Alex Hermant sur notre société telle qu’elle va, un frisson vous parcourt. Aussi efficace qu’un éclair un soir d’été.

10, 2005

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Comme un éclair de lucidité

Confronté aux éléments climatiques extrêmes, Alex Hermant apparaît ici dans un miroir frappé par la foudre

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Cyrille Zen

Cyrille Zen
À 33 ans, CYRILLE ZEN est devenu le plus célèbre des chefs auvergnats ! Le finaliste de l’émission “Top Chef” et chef étoilé de la Bergerie de Sarpoil, à Saint-Jean-en-Val dans le Puy-de-Dôme, n’aura cessé, au cours de son incroyable parc

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