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A l'ombre du service public

Les prisons souffrent à la fois de la surpopulation carcérale, de vétusté et du manque de fonctionnaires. Exemple au Puy-en-Velay

Impossible d’échapper à l’univers carcéral dès lors que l’on évoque le malaise des fonctionnaires. Ici, point de manifestation « d’usagers » et point de grève des agents. Et pourtant, derrière la porte, il ne faut pas attendre longtemps pour se rendre compte des questions très concrètes, et souvent insolubles, qui se posent au personnel, aux détenus et aux familles. Car tout s’enchaîne : la population carcérale explose, les prévenus côtoient les condamnés, les mineurs les majeurs, les tensions sont vives, les conditions d’hygiène se dégradent. 

 

Embouteillage au parloir  

En Auvergne, le Conseil Economique et Social Régional a voulu briser le silence. Un rapport de 162 pages, publié en janvier dernier, éclaire les enjeux de « l’insertion sociale des personnes détenues en Auvergne ». En avril 2006, le taux d’occupation de la maison d’arrêt du Puy-en-Velay atteignait 197 %. Depuis, la situation ne s’est guère améliorée : « On est toujours autour des 200 % », constate Karl Dumas, qui vous “accueille” à l’entrée. Avec dix-sept ans de boutique derrière lui, Claude Bruyère ajoute : « Cette année, il y a du neuf… La surpopulation est plus le fait des condamnés que des prévenus. Beaucoup attendent une place en centre de détention pour y purger leur peine. En attendant, ils sont là. » Or, la cohabitation entre les condamnés et les prévenus n’est pas toujours facile : « Dans les centres de détention, il y a des activités que nous n’avons pas ici. Du coup, ils sont inoccupés. On a bien un atelier poterie, mais bon… Certes, les familles de la région stéphanoise sont moins éloignées que si un proche était à Uzerche, cependant, avec une telle surpopulation, on ne peut pas toujours assurer les parloirs hebdomadaires pour tous. Tenez, la semaine dernière, trois détenus n’ont pas pu voir leur famille. Alors, on leur explique, on essaie d’établir un roulement, pour que ça ne tombe pas toujours sur les mêmes… » 

 

L’intérim n’existe pas !  

Pour lui, la conséquence d’une telle affluence pèse aussi sur les fonctionnaires. « Dans notre métier, il est important d’être au contact des détenus. Mais on ne peut pas s’occuper de chacun. Tout est minuté. Même le temps des douches… Vingt minutes pour chacun, ce n’est pas possible ! » Parfois, ces mauvaises conditions de travail ont des conséquences insoupçonnées. « Quand vous partez en stage de formation, vous savez que les collègues seront encore plus submergés de boulot. Alors, beaucoup préfèrent renoncer à ce droit, pourtant essentiel », explique Claude Bruyère. Autant dire que les absences de confort ne sont pas les bienvenues ! Quant aux congés longue maladie, ils posent d’autres problèmes. « Actuellement, deux collègues ne sont pas remplacés ; on ne reconnaît pas l’intérim », lance Karl Dumas. 

Bien sûr, la maison d’arrêt du Puy-en-Velay n’est pas une usine carcérale. Mais avec 75 détenus pour 35 places, elle n’échappe pas à une tendance de fond. En Auvergne, à la date du 20 juillet 2007, la population pénale atteignait les 898 détenus. Avec un taux d’occupation dépassant les 130 % dans les maisons d’arrêt de Clermont- Ferrand, du Puy-en-Velay, de Montluçon et de Moulins.

10, 2007

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A l'ombre du service public

Avec 75 détenus pour 35 places, la maison d'arrêt du Puy-en-Velay décroche la palme d'or de la surpopulation carcérale en Auvergne. Une situation qui inquiète Karl Dumas (Ufap) et Claude Bruyère (FO)

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