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Vraiment alignés sur les fonctionnaires ?

Fin de régime à la Banque de France

État dans l’État, la Banque de France connaît désormais les plans sociaux, la diminution des effectifs et l’abandon de son régime spécial de retraite. Pourtant, elle garde de beaux restes…

Pour dénoncer les privilèges des fonctionnaires, il est de bon ton de citer les roulants de la SNCF ou les agents de la Banque de France ! Et, pourtant, ni les uns ni les autres ne relèvent de la Fonction publique. La Banque de France est même une entreprise privée… avec un seul et unique actionnaire : l’État. Une entreprise qui accorde tout de même à ses salariés la garantie de l’emploi. Et une entreprise rentable, de surcroît. « Nous, on rapporte des sous à l’État, s’insurge Gilbert Peyret, délégué CGT basé au Puy-en-Velay. D’ailleurs, le gouvernement n’a jamais eu besoin de renflouer nos caisses, contrairement à ce qui se passe à la SNCF ! » Mais la Banque de France n’a plus la cote. Les effectifs ont connu de sérieuses cures d’amaigrissement. « Les sites industriels de Vic-le-Comte et de Chamalières en sont à leur deuxième plan social », rappelle Gilbert Peyret. À ses côtés, Sylvie Pouzet, déléguée du syndicat autonome affilié à Sud, pointe du doigt les fermetures de succursales à Thiers, à Vichy et à Montluçon, qui pénalisent les personnes confrontées au surendettement. Les métiers de la banque ont eux-mêmes bougé… Les services chargés de la monnaie fiduciaire sont toujours là, veillant à l’approvisionnement en billets des agences bancaires. Mais il y a aussi le secteur économique, qui collecte les bilans des entreprises, et les services aux particuliers, de plus en plus sollicités, pour traiter les incidents de paiement. 

 

Baroud d’honneur  

Depuis le 1er avril, une “petite” révolution est entrée dans les faits : les agents ont dit adieu à leur régime de retraite pour l’aligner sur celui des fonctionnaires. « La pression de l’opinion était très forte », soulignent en choeur les deux syndicalistes. Manifestations et grèves ont bien eu lieu, avec des allures de baroud d’honneur. « Nous savions que nous allions devoir cotiser plus », admet le représentant de la CGT. « Au bout du bout, nous avons préservé certains acquis », ajoute sa collègue. Ainsi, pendant les cinq prochaines années, les agents percevront une prime pour compenser l’augmentation de cotisations sociales. Les convoyeurs et les ouvriers-papetiers ont gardé la possibilité de faire valoir leur droit à la retraite à 55 ans, au nom de la pénibilité. Quant aux quatre mois de primes annuelles, souvent jalousées, ils ont disparu depuis longtemps... pour être finalement lissés sur douze mois et intégrés

10, 2007

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