Dossier
Étudier, transmettre, combattre
Infatigable Germaine Tillion
L’ethnographe originaire de Haute-Loire était Citoyenne d'Honneur de la Région Auvergne.
Née en 1907 à Allègre, en Haute-Loire, Germaine Tillion fait ses études à Clermont-Ferrand, au lycée Jeanne d’Arc, avant de rejoindre Paris. Un siècle d’engagements et de combats ! Ethnologue de formation, Germaine Tillion aura finalement examiné la nature humaine durant les grandes épreuves de l’Histoire.
Dès 1940, elle devient chef d’un réseau de Résistance spécialisé dans l’évasion des prisonniers. Elle est dénoncée, arrêtée le 13 août 1942, détenue à Fresnes, puis déportée à Ravensbrück. Elle met alors à jour les moindres détails de ce système criminel, convaincue que seule la connaissance permet de se libérer de l’angoisse et de mieux se défendre.
Libérée le 23 août 1945, elle consacre pas moins de trois ouvrages à l’univers concentrationnaire du camp de Ravensbrück. Mais pas question pour elle de ne regarder que le passé. Germaine Tillion est une femme du présent. Elle veut témoigner, y compris dans les grands procès, ceux de Philippe Pétain et des criminels nazis jugés à Hambourg et à Rastatt. Elle veut aussi, inlassablement, transmettre. Elle est ainsi à l’origine de l’enseignement dans les prisons.
Puis, dans les années 1950, la militante anticolonialiste retrouve sa passion pour la terre de ses premiers travaux d’ethnologue, l’Algérie. Désormais, elle est aux avant-postes pour dénoncer la guerre et la torture. Sur place, elle est la première à employer le terme de « clochardisation » et, en réponse, crée des centres sociaux. En 1957, elle revient en Algérie, accompagnant une commission internationale d’enquête sur les lieux de détention français.
Toujours engagée, Germaine Tillion dénonce l’esclavage moderne, les goulags soviétiques, réclame de meilleures conditions de vie pour les femmes immigrées, combat les nouvelles formes d’esclavage, soutient les sans-papiers. À 97 ans, elle se bat encore, cette fois contre la torture en Irak.
Son centième anniversaire, célébré le 30 mai dernier, est à l’image de cette femme qui ne renonce jamais : son opérette, Le Verfügbar aux Enfers, écrite en cachette à Ravensbrück, est mise en scène pour la première fois et donnée à Paris au Théâtre du Châtelet.
De son côté, le Conseil régional d'Auvergne avait décidé de distinguer Germaine Tillion et son action en la consacrant Citoyenne d'Honneur de la Région Auvergne.
Germaine Tillion est décédée le samedi 19 avril 2008 à Saint-Mandé
5, 2007
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- "Le témoignage est un combat" de Jean Lacouture (éditions du Seuil)
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