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Ombres et lumière

Parmi toutes les villes auvergnates, Vichy a un passé contrasté, l’un formidablement plaisant au début du XXe siècle, l’autre incroyablement pesant.

Le musée de l’Opéra permet de partir à la découverte d’une vie mondaine étourdissante, où tout est jeux, courses, spectacles, concerts, etc. Il mérite plus qu’un détour. Il faut s’y arrêter, se plonger dans les décors imaginés par Marcel Robert ou Léon Rudnicki. Dans ce Vichy trop méconnu, on peut croiser les ombres de Madeleine Renaud et de Pierre Fresnay. D’Elvire Popesco. Ou de Madame Sylvie. Et celles des danseuses de la troupe saisonnière, Avril, Herminia, Germaine Popineau et Suzy Vincent. Dans la cité thermale, le champagne coule à flots.

Ne vous étonnez pas si vous croyez reconnaître Arthur Rubinstein. Avec le pianiste Robert Casadesus et les violonistes Jacques Thibaud et Georges Enesco, il fait partie des très nombreux solistes présents ici dans les années 20.
Après ce voyage dans le temps, flamboyant, il convient de partir à la découverte du Vichy capitale de l’État français. L’office de tourisme, conscient de la nécessité de ne plus occulter cette réalité, propose une visite guidée avec une escale devant les principaux hôtels réquisitionnés pour héberger l’Administration et le nouveau pouvoir. C’est alors une autre ville qui se laisse timidement entrevoir, avec, là aussi, sa vie diplomatique et mondaine, ses artistes et ses intellectuels, les lieux où il faut être et ceux où l’on aurait tant aimé ne jamais avoir été vu ! Mais si les années folles ont leur musée, les années sombres, elles, planent dans un non-dit généralisé.

Dans la revue littéraire Jim, l’historien Jean-Pierre Azéma plaidait pourtant vigoureusement en 2004 en faveur d’un musée retraçant la vie de cette capitale malgré elle : « Le refuser, c’est avoir peur de son ombre. »

 

 

L’exposition “Vichy, les années folles” se tient au musée de l’Opéra jusqu’au 30 novembre. 

5, 2007

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