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Plan biodiversité pour l'Auvergne

La biodiversité, ça nous regarde

Mercredi 11 mars, à l’invitation du Conseil régional d’Auvergne et de l’Etat, un grand séminaire régional de la biodiversité, parrainé par l’écrivain et naturaliste Yves Paccalet, se tenait à Vulcania. C'était la première phase d’une démarche qui aboutira, d’ici fin 2009, à l’élaboration d’un plan régional en faveur de la biodiversité en Auvergne pour 2010-2020.

La description de la variété de la vie sur Terre ne nécessite qu’un seul mot : biodiversité. Autant certains néologismes semblent assez « gratuits », autant le terme « biodiversité » indique une nuance, apporte en quelque sorte un supplément d’âme par rapport à l’emploi de la simple expression « diversité biologique », qu’elle condense.

La notion de biodiversité (terme apparu au milieu des années 80) a en effet symbolisé l’émergence de nouveaux regards sur la diversité du vivant, des formes de vie, coïncidant avec la prise de conscience de l’extinction de nombreuses espèces végétales et animales. Cette notion rappelle donc implicitement que la diversité biologique est tout à la fois immense, complexe et surtout fragile … Non, les ressources vivantes ne sont pas littéralement inépuisables. Oui, certains impacts sont réellement irréversibles. Le constat est là : le monde du vivant connaît des transformations spectaculaires du fait des activités humaines. Et la biodiversité, enjeu vital s’il en est, est malmenée et menacée plus que jamais.

Sémantique plurielle

Quand on parle de biodiversité, on la subdivise généralement en trois niveaux :

  • La diversité génétique, au sein de chaque espèce. Elle est caractérisée par la différence de deux individus d’une même espèce (variabilité des gènes)
  • La diversité spécifique, c’est-à-dire la diversité des espèces dans les écosystèmes
  • La diversité des écosystèmes terrestres, marins et aquatiques, qui englobe les interactions des populations naturelles et de leurs environnements physiques.

On estime à plus de 10 millions le nombre d’espèces présentes sur Terre, dont 1,75 million sont connues.

Notons que le sommet de Rio de Janeiro de 1992 a marqué l’entrée en scène de la biodiversité au premier rang des préoccupations environnementales concernant la diversité du monde vivant. Résumant les lignes ci-dessus, une définition large de la biodiversité a été précisée à cette occasion : c’est « la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres systèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes » (article 2 de la Convention sur la biodiversité biologique, 1992).

Signaux d’alarme

Parmi les facteurs d’érosion, à un rythme très rapide actuellement, de la biodiversité, on ne peut évidemment pas passer sous silence les conséquences des actions humaines, qui modifient les écosystèmes, depuis ces cinquante dernières années, d’une manière plus étendue et plus rapide qu’à toute autre période de l’histoire humaine.

Ainsi la surexploitation de certaines espèces perturbe l’équilibre naturel. Quant au changement climatique, il se caractérise par des évolutions importantes au niveau des températures et de la pluviométrie, qui se traduiront également par des changements globaux majeurs. Déjà, l’état des lieux au niveau mondial a de quoi inquiéter. En un demi-siècle, par exemple, on signalera que 30 % des mangroves (écosystèmes tropicaux de zones côtières) ont disparu, tout comme 50 % des zones humides, 20% des récifs coraliens ont été détruits, 10 à 30 % des mammifères, oiseaux et amphibiens sont menacés d’extinction, 60 % des écosystèmes connus sont dégradés ou utilisés de façon non durable.

Si les scientifiques et biologistes ne sont pas unanimes sur les données chiffrées et les délais, la majorité d’entre eux estiment qu’une extinction massive est en cours au niveau des espèces, et que le taux actuel d’extinction est plus élevé qu’il ne l’a jamais été dans les temps passés.

Agir à l’échelle de l’Auvergne

Il apparaît que la perte de biodiversité concerne tous les territoires. S’il est généralement admis que l’Auvergne bénéficie « d’un patrimoine naturel relativement préservé », elle n’est évidemment pas épargnée par cette problématique. La Région Auvergne a donc décidé, conformément à un engagement pris suite aux Assises territoriales (engagement n° 32), de se doter d’un plan régional en faveur de la biodiversité.

Dans cet objectif, le président René Souchon et son vice-président en charge de l’environnement et des énergies Lionel Roucan rappellent l’importance que chacun s’approprie le thème : il s’agit de sensibiliser, de mobiliser les Auvergnates et les Auvergnats autour d’une thématique qui n’est pas toujours aussi connue du grand public qu’on pourrait le penser. Dans les grandes lignes, tout le monde est bien conscient que les activités humaines ont un impact fort et destructeur sur l’environnement. Certes… Mais peu de personnes font la démarche de s’intéresser un peu plus précisément à ce sujet pourtant crucial pour la survie de tous.

Des enjeux à définir ensemble

Le plan biodiversité pour l’Auvergne doit « avoir la vertu de rassembler, de permettre d’échanger et de partager ». Il a vocation, en premier lieu, à faire un état des lieux de la biodiversité en Auvergne; ensuite à dégager des enjeux prioritaires partagés ; enfin à préciser les interventions de chacun. Chaque partenaire sera amené à se positionner en fonction de ses compétences. À travers ce plan, la Région affichera ses propres engagements en faveur de la biodiversité pour la période 2010-2020. On s’en doute, des ajustements seront bien sûr à prévoir au fil de l’avancement des connaissances, étant donné que la période couvre une décennie entière.

La première phase est donc une phase de diagnostic sur l’état de la biodiversité en Auvergne. Elle est pilotée par l’Etat et la Région en concertation avec les autres partenaires (collectivités, associations, scientifiques…). La démarche s’est ouverte en ce début d’année 2009 avec l’organisation d’un séminaire régional, mercredi 11 mars.

C’est l’écrivain, philosophe, journaliste et naturaliste Yves Paccalet (ayant participé à de nombreuses expéditions avec l’équipe du commandant Cousteau, et, entre autres, auteur de l’ouvrage au titre volontairement provocateur L’Humanité disparaîtra, bon débarras !) qui est le parrain de l’opération. Par la suite, des ateliers de travail seront mis en place avec tous les acteurs pour affiner le diagnostic.

12, 2009

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