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Parcs à thème

La prudence est de mise

Refroidie par la fréquentation de certains grands équipements auvergnats, très éloignée des prévisions initiales, la Région multiplie les études préalables avant d’engager l’argent du contribuable. Ce travail de professionnels est nécessaire pour éviter les mauvaises surprises. Exemple, à Gannat, avec le projet de parc de paléontologie Rhinopolis.

Une libellule de Commentry, un crocodile de Saint-Gérand-le-Puy, un rhinocéros de Gannat, un requin de Buxières-les-Mines : ce sont quelques-uns des plus beaux fossiles présentés dans la salle d’exposition de l’association Rhinopolis, à Gannat. Un patrimoine qui pourrait devenir une belle carte de visite pour cette commune, avec un parc entièrement consacré à la paléontologie. Mais à quel prix ? Sollicité pour participer financièrement au projet, le Conseil régional a mandaté un cabinet d’études, Protourisme. Rendu en juin 2006, le verdict est sans appel : les prévisions de 100 000 visiteurs la première année pour atteindre 120 000 visiteurs huit ans plus tard sont « irréalisables ». Ce jugement s’explique notamment par la crise traversée par ce type d’initiatives en France. Car si nul ne conteste l’importance des parcs à thème dans la diffusion d’une culture scientifique et technique, force est de constater que, du Futuroscope de Poitiers à la Cité de l’Espace de Toulouse, sans oublier Vulcania, la Cité de la mer, à Cherbourg,ou le Bioscope, en Alsace, leur vocation n’est pas de se transformer en trésors de guerre pour les collectivités locales… De tels projets sont même ceux « qui nécessitent les plus lourds investissements financiers, les plus lourds investissements de renouvellement, avec un doublement du budget initial en dix ans, et qui génèrent les plus fortes pertes d’exploitation », résument les auteurs de cette étude. Dans de nombreux cas, les collectivités locales sont même amenées à remettre la main à la poche. Un seul exemple : à Brest, le montant des subventions par visiteur à Océanopolis atteignait quelque 24 € en 2004.

Un an de réflexions
Dans le cas du projet Rhinopolis, l’étude de Protourisme ne fait pas dans le détail : « Il nous semble être un projet d’ores et déjà voué à l’échec. » Et de pointer du doigt un budget d’investissement « sous-évalué concernant les éléments muséographiques », un prévisionnel de fréquentation « en revanche surévalué » et un « risque d’obsolescence technique et technologique rapide de ce type d’équipement qui nécessite des réinvestissements non pris en compte » dans le projet. Peut-on sauver Rhinopolis ? Le maître d’ouvrage de cette aventure paléontologique risquée, le Conseil général de l’Allier, lui-même commanditaire d’une étude aux conclusions tout aussi prudentes, vient de décider une remise à plat du dossier. La Région Auvergne a pris acte de cette décision et en appelle à son tour à un « redimensionnement » du projet. La réflexion durera un an.

12, 2006

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La prudence est de mise

Comment valoriser un patrimoine exceptionnel sans générer un gouffre financier ? A Gannat, la réflexion se poursuit.

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Régis Marcon
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