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Interview de Françoise Fernandez

Françoise Fernandez, directrice adjointe de l’IUFM* d’Auvergne, a fait partie du comité de suivi chargé de veiller à la régularité des différents débats sur les OGM. Choisie par le Conseil régional, elle a partagé cette mission avec Éliane Anglaret, proposée par le Collectif OGM 63, et Jean-Noël Plagès, proposé par le groupe Limagrain.

Quels a priori aviez-vous sur le débat et se sont-ils vérifiés ?
 Je savais que ce serait un exercice difficile. Notre société est d’une grande complexité. La question des OGM revêt une dimension économique,mais aussi philosophique… Après ce qu’il s’est passé l’été dernier, il était impératif d’informer et de débloquer la situation, que les gens se parlent et que d’autres soient là pour les canaliser. Il fallait aussi que la violence sorte en public. Mais, de toute évidence, les OGM sont déjà là. Pour nous, en Auvergne, la question est de savoir comment faire coexister l’agriculture bio avec l’expérimentation en plein champ.

Pas facile de “canaliser” dans un débat forcément passionné…
Au nom de notre comité, j’ai dû à plusieurs reprises et dans différents lieux inciter le public à un peu de correction et d’écoute. Notamment à Clermont-Ferrand, où l’un des experts s’est exprimé avec un tel ton vindicatif qu’il a donné celui de toute la soirée. Pourtant, je crois que, même dans un débat comme celui-là, il y a de la place pour une parole militante quand elle est respectueuse, argumentée et nullement incantatoire. Les anti-OGM ne pourront pas dire qu’on ne les a pas entendus. Mais je regrette que les pro-OGM aient été aussi discrets. La crispation est telle qu’ils se sont autocensurés.

Qu’en avez-vous retenu à titre personnel ?
Que nombre d’interrogations restent sans réponse, comme celle de la modification de notre profil génétique à terme si nous consommons de tels produits. J’ai été aussi effrayée par le rejet du travail des chercheurs par mes concitoyens, qui dénoncent sans nuances une société du complot, de l’opacité de l’information, des intérêts qui prévalent sur tout autre chose.

Quelle conduite faut-il tenir selon vous dans les mois à venir ?
Même si la Région ne peut pas légiférer, elle a un signal fort à donner à l’agriculture bio et en même temps un soutien net à apporter à la recherche et à l’industrie agroalimentaire. Il va falloir aussi trouver un lieu neutre au Conseil régional pour poursuivre la discussion. Ce serait peut-être possible avec le Net ...

1, 2006
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Interview de Françoise Fernandez

Pour Françoise Fernandez, l'une des trois sages de ce débat , de nombreuses questions sont restées sans réponse.

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