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Plus de 1 500 personnes ont participé au débat régional

Les OGM en question

Parce que l’Auvergne est une terre où les entreprises agroalimentaires se développent et où les tensions autour des cultures de plantes génétiquement modifiées sont vives, le Conseil régional a donné la parole aux citoyens. Au terme de cet exercice, un constat s’impose : le débat est loin d’être clos. La Région, elle, posera de nouveaux actes à l’automne.

Il était urgent de parler des OGM en Auvergne. Loin des arrachages tumultueux, de la communication des grands groupes et des batailles juridiques entre les pro- et les anti-OGM, le Conseil régional a pris l’initiative d’organiser un grand débat citoyen, destiné à libérer la parole et à informer un public souvent inquiet, toujours intéressé. Entre le 11 et le 22 mai, plus de 1 500 personnes se sont ainsi retrouvées à Montluçon,à Aurillac, au Puy-en-Velay et à Clermont-Ferrand pour écouter les arguments développés par des experts proposés par les deux camps et formuler leurs préoccupations face à cet enjeu de société.Pour donner le ton, chaque débat fut précédé d’un film de 25 minutes, entièrement constitué de témoignages. Crainte d’un médecin qui se demande « où ça va s’arrêter ? » ou bien celle de cet ouvrier qui rappelle le silence sur l’amiante.Méfiance d’un retraité de Royat devant la capacité des grands groupes « à nous raconter ce qu’ils veulent » ou celle d’une étudiante qui voit dans le discours militant seulement  « une guerre de pouvoirs ». Confiance de cette enseignante dans le principe de précaution posé par la Constitution et de tel agriculteur qui estime que « le risque zéro n’existe pas ».
Dans chaque salle, les questions feront très souvent écho à cette introduction. Et en fonction des éclairages fournis par les experts, mais aussi des réalités locales, contrastées, entre des départements déjà fortement concernés par les essais OGM et d’autres vivant à l’écart de cette réalité, le débat évoluera avec plus ou moins de qualité dans l’écoute et l’échange. Après un rodage nécessaire à Montluçon,la réunion d’Aurillac est unanimement saluée comme un exercice citoyen percutant. Au Puy-en-Velay, les interrogations fusent, illustrant la diversité des enjeux écologiques, scientifiques et économiques soulevés par les OGM ; à Clermont-Ferrand, à deux pas de la Limagne, les tensions sont encore palpables et la qualité de l’écoute n’est pas toujours au rendez-vous… Au final, bien malin celui qui, ayant assisté à tous les débats,aura réussi à trier avec certitude le bon grain de l’ivraie…Entre Louis-Marie Houdebine, biologiste à l’Inra, qui explique, au Puy-en-Velay, que la sélection, pratiquée depuis longtemps, n’a jamais été que l’antichambre des OGM d’aujourd’hui et Christian Vélot, professionnel de la génétique moléculaire, qui affirme à Clermont-Ferrand qu’à l’heure actuelle, « on ne maîtrise pas les conséquences de ces modifications génétiques sur les organismes vivants », que penser ? De même, la qualité des études portant sur les OGM ne fait pas l’unanimité. À Montluçon, le pharmacien et écologue Lilian Ceballos critique des enquêtes menées par des laboratoires payés par les semenciers. Mais à Aurillac, Bernard Chevassus, ancien vice-président de la Commission du génie biomoléculaire,multiplie les exemples d’études pertinentes sur les OGM financées par des fonds publics…


Prolonger le débat
Principal constat à l’issue de ces rencontres : le débat était nécessaire, tant on a pu mesurer l’inquiétude quant aux implications des OGM sur la nature ou l’homme.Deuxièmement : il fut malheureusement bien difficile pour le public de se forger au final une opinion définitive sur la question sur la seule base des interventions des experts qui ont pris place à chaque tribune. Enfin, les élus de la Région,par la bouche de René Souchon, ont vite compris que la priorité, devant tant de questions, était de trouver le bon équilibre entre le soutien à la recherche et la nécessité de conforter l’agriculture traditionnelle ou biologique. Le président du Conseil régional a proposé que soit étudiée la possibilité d’adhérer à la Charte de Florence : parce texte, la Région s’engagerait dans une voie de protection de son agriculture et de son environnement face aux OGM. Cet autre débat est déjà programmé pour cet automne.

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Du Puy-en-Velay à Montluçon d'Aurillac à Clermont-Ferrand le débat passionne , mais son intensité peut varier

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