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L’enjeu de la formation

« Nous entrerons dans la carrière… »

Le tourisme est-il vraiment un gisement d’emplois ? Miam a rencontré trois élèves de l’École des carrières supérieures de Vichy.

Le développement du tourisme en Auvergne passera par la professionnalisation de l’accueil. Cette évidence anime Anne-Laure, Élodie et Delphine, trois étudiantes en première année du BTS Tourisme de Vichy. Une formation très encadrée de deux années qui prévoit d’aller régulièrement sur le terrain. Anne-Laure a trouvé un stage à l’office de tourisme de Varennes-sur-Allier, où elle renseigne chaque jour une dizaine de visiteurs. Ils repartent chargés de documentations. « S’arrêter à un office est souvent le premier acte des touristes, il faut les accueillir dans les meilleures conditions possibles.»

Trenplin et obstacles
Delphine est comblée. Elle a décroché son stage à Billy. Elle fait visiter le château médiéval et se livre à son exercice favori : parler anglais dès qu’un visiteur étranger pointe son nez. Direction Saint-Pourçain-sur-Sioule : le tout nouvel office de tourisme accueille Élodie pour trois semaines. Elle se découvre de nouveaux talents : « Très franchement, je me sens comme un poisson dans l’eau. Je pensais que les gens m’enquiquineraient. En fait, on bosse beaucoup, on se sent utile.».
Toutes les trois portent encore un regard neuf sur l’Auvergne et ses capacités touristiques. Ce qui manque, selon Élodie, « c’est de faire prendre conscience aux habitants de l’Allier qu’ils doivent penser et agir à l’échelle régionale ». Spontanée, elle ajoute :« Évidemment, si l’on me demande de la documentation sur Vulcania, j’en donne. Mais j’insiste surtout pour que les touristes restent ici et qu’ils visitent le vignoble.»
Beaucoup d’étudiants n’optent pas encore spontanément pour des formations dans les métiers du tourisme : Anne-Laure a vécu un échec au Deug de Langues étrangères appliquées. Élodie, deux premières années en faculté de lettres modernes à Clermont-Ferrand : «Mon dossier ne me permettait pas d’accéder au lycée de Chamalières, qui est public. J’ai donc opté pour Vichy, même si les 1690 € de frais d’inscription, ça fait mal. » À l’issue de cette formation, certains étudiants poursuivront leurs études touristiques, le BTS servant de tremplin. D’autres se lanceront sans attendre dans la vie active. Un parcours alors semé d’embûches.« Les métiers du tourisme présentent des contraintes importantes, avec beaucoup d’emplois saisonniers, confirme l’enseignante Danielle Occelli. Et tous ne sont pas très bien rémunérés. » Bref, si le tourisme veut devenir enfin une carte pour le développement de l’Auvergne, la formation, à elle seule, ne suffira pas : les professionnels devront être en mesure de proposer des emplois plus attractifs… et mieux payés.

14, 2005

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