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Comment l’A89 va modifier le paysage

Vivement l'autoroute

Pour accueillir les touristes, il faut désenclaver l’Auvergne. Mais aussi les esprits.

Dans quelques mois, l’autoroute A89 reliant Clermont-Ferrand à Bordeaux sera une réalité. Selon les prévisions, 56 000 personnes devraient l’utiliser chaque année. Pour l’heure, et depuis mars 2000, cette liaison s’arrête au péage de Saint-Julien-Puy-Lavèze. Et force est de constater que, jusqu’à présent, les initiatives ne se bousculent pas pour capter ce flux.
Dans le secteur le plus concerné par l’emprise autoroutière, un certain scepticisme règne. Ici,on a pris l’habitude de vivre à l’ombre de La Bourboule, Le Mont-Dore et Besse. Et, surtout, le sport local consiste à renvoyer la balle à son voisin. Au Mont-Dore, on suggère qu’aucune stratégie n’est envisagée dans le secteur de la Tour-d’Auvergne. Là-bas, on déplore que Messeix jouerait tout seul dans son coin. Ou que les hôteliers de La Bourboule attendent le touriste sans rien faire. Certains vous expliqueront que les hésitations qui entourent la création d’une aire de services aux abords de l’A89 sont dramatiques. Plus loin, d’autres rappellent que les touristes n’optent pas pour une destination sur une aire d’autoroute et qu’il s’agit de communiquer le plus en amont possible.
Alors que tout semble réuni pour le triomphe de l’inertie, quelques Gaulois – et d’autres – se retroussent les manches. C’est le cas de Kees et Ans Van De Goor. Ils vivent à Bagnols depuis cinq ans. Ils ont laissé derrière eux leur Hollande natale, ont hésité entre l’Artense et les Combrailles. Ont opté pour la première, où ils tiennent maintenant une chambre d’hôtes. « Notre gîte était l’un des premiers dans le secteur. L’accueil a été formidable, nous avons pris quelques cours de français, notamment en lisant le quotidien régional avec le dictionnaire à portée de main », raconte Ans. Kees, elle, constate que leur vitalité n’est pas encore contagieuse : « Ça ne bouge pas.On ne sent pas de dynamique. »

Faire bouger les montagnes
À 20 kilomètres du péage, Tauves a du mal à sortir de sa léthargie. À la tête de la maison d’accueil Saint-Joseph, qui ouvre ses portes aux classes de découverte, Sylvie Védrine veut y croire.Convaincue que sa commune doit trouver un nouveau souffle, elle entend transformer l’austère collège privé ayant fermé ses portes en août 1992 en véritable infrastructure touristique. La course aux subventions est engagée. Le projet est ambitieux: il faut adapter tout l’établissement, supprimer les dortoirs, aménager des sanitaires dans chaque chambre… Et ce chantier passera aussi par une évolution des mentalités. Sylvie Védrine compte impliquer des agriculteurs pour parler de la filière lait ou la scierie de Perpezat pour expliquer la place de la forêt en Auvergne. La somme de ces initiatives individuelles suffira-t-elle à faire émerger une stratégie collective? Convaincu du contraire, Luc Stelly, directeur de l’office du Sancy, veut faire bouger les montagnes : « Jusqu’à présent, tout le monde se regardait dans le blanc des yeux. Aujourd’hui,il y a un embryon de réflexion commune,notamment grâce à la mise en œuvre de l’Agence locale de tourisme, qui regroupe tous les offices intercommunaux du secteur.». Sans langue de bois, il prévient : « Les professionnels du tourisme qui n’ont pas pris la mesure de ce défi et qui ne se remettent pas en cause pour améliorer la qualité du service ne seront plus là dans cinq ou dix ans.» Et tout aussi direct, il lâche : « L’A89 ne permettra pas seulement de venir plus rapidement en Auvergne. Elle permettra aussi d’en repartir plus vite si l’on n’est pas content.».  Il n’a pas tort. Depuis le mois d’avril, le gérant du camping municipal de La Tour-d’Auvergne a pris le large. Direction l’Atlantique, par l’autoroute.


10, 2005

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A l'image des Van De Goor, ce sont souvent les Auvergnats d'adoption qui sont les plus convaincus des atouts touristiques de la région

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Régis Marcon
Auréolé d’un nouveau titre, « chef de l’année 2011 » lors des Trophées de la gastronomie et des vins à Lyon, Régis Marcon reste plus que jamais attaché à son village de Saint-Bonnet-le-Froid, aux confins de l’Auvergne. Et il demeure fidèl

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