Dossier
Un soutien gagnant-gagnant
Le sport vit pour partie de l’argent public. Du côté du Conseil régional, cette manne attribuée aux comités, ligues, clubs et sportifs de haut niveau constitue un amical moyen d’obtenir des contreparties, des garanties et des efforts ! Exemples…
Tatamis tout-terrain
Le sport est-il encore une école de la vie ? Le karaté apporte ainsi sa réponse : « Notre plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de nous relever à chaque fois que nous tombons. » Dès lors, le développement de ce sport est un acte qui n’a rien de neutre. Depuis la signature d’une convention triennale entre la Région et la Ligue Auvergne de karaté et des arts martiaux, plusieurs actions sont impulsées, en particulier pour attirer de nouveaux jeunes vers les tatamis. « C’est une question vitale pour nous. Pour les petits, il n’y a pas de problème. En revanche, nous perdons beaucoup de jeunes au moment de l’adolescence. C’est un âge où l’on n’aime pas être encadrés. Et puis, Internet et les petites copines arrivent sur le marché ! » En revanche, d’autres défis ont déjà trouvé une traduction sur le terrain : « Grâce à notre club de Cournon d’Auvergne, nous allons créer une section handisport, avec des cours destinés aux handicapés mentaux de la circonscription du Val d’Allier. » Ce même club va également proposer des cours aux personnes en surcharge pondérale très importante. En revanche, des obstacles persistent : « Nous nous sommes engagés à créer un club à vocation très sociale dans les quartiers populaires du nord de l’agglomération clermontoise. En effet, le karaté n’est pas encore à la portée de tous. Les tarifs d’inscription, avec la licence, avoisinent les 200 euros. À quoi s’ajoute l’achat du kimono et des protections. « Nous avons réuni les aides, nous avons l’argent, nous avons le professeur, mais je n’arrive pas encore à trouver un local adapté. Malheureusement, il existe des réticences. Certains méconnaissent la valeur éducative de notre sport. Ils assimilent le karaté à de la baston ! »
Le rugby à XIII montre l’exemple
Le développement des activités sportives en direction des personnes en situation de handicap est un vœu récurrent accompagnant toutes les conventions que le Conseil régional propose aux ligues et comités sportifs. Une préoccupation qui se heurte parfois au mur de l’indifférence, mais qui, dans certains cas, suscite de véritables vocations. Formateur au Creps de Vichy, Robert Fassolette est l’un de ces artisans infatigables du sport pour tous. Et ce combat l’a mené à proposer en 2000, via le Téléthon, la pratique du rugby à XIII en fauteuil roulant. Rapidement, son rêve devient réalité, avec la création d’une équipe totalement mixte, composée d’hommes et de femmes, de joueurs valides et handicapés. En décembre 2002, premier couronnement avec l’organisation à Vichy d’un Trophée de France. Depuis, le XIII en fauteuils a enchaîné une tournée en Australie en 2004 et une en Grande-Bretagne en 2005. Il n’existe pour l’instant que quatre équipes de ce nouveau sport en France : Vichy, Roanne, Toulouse et Beauvais.
Piqûre de rappel
Dans le langage diplomatique, on préfère évoquer un renforcement de l’éthique sportive plutôt que de parler de « lutte contre le dopage ». C’est pourtant bien sur ce terrain que la Région Auvergne a choisi de s’engager, menaçant de suspendre ses aides financières à un club si l’un de ses athlètes était convaincu de dopage. Voici venu le temps des travaux pratiques. C’est l’athlétisme qui a ouvert le bal, avec l’affaire Nordine Gezzar, un coureur de fond dont les analyses ont mis à jour des substances illicites après un meeting à Strasbourg. Suite logique de cette mésaventure : la subvention de 55 000 euros accordée au club clermontois risquait de ne plus être versée si des mesures appropriées n’étaient pas engagées. Finalement, le club clermontois a pris ses responsabilités : fin juillet, l’athlète a été convoqué par le président Pierre Balouzat. Après la suspension de Nordine Gezzar par la Fédération française d’athlétisme le 13 septembre dernier (décision qui fait l’objet d’un recours en appel), la convention entre le sportif et son club est devenue caduque. Et le Clermont-Athlétisme-Auvergne s’est engagé à renforcer ses actions de prévention avec le corps médical du club : en septembre prochain, un suivi médical obligatoire d’une quinzaine d’athlètes faisant partie de l’élite sera assuré par le département sportif du CHU
15, 2007
Trois combats exemplaires
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