Aménagement du territoire
Contrats Auvergne + La solidarité en bonus
Comment harmoniser les initiatives sur les territoires ? La création des pays a apporté un début de réponse en encourageant la solidarité et la réflexion bien au-delà du clocher communal. La Région les a désormais choisis comme base de ses nouveaux contrats de développement durable, rebaptisés Auvergne +, qui adaptent les aides à la santé des territoires.
Les “pays” ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils représentaient autrefois une commune et ses alentours logiques – d’où l’expression “un gars du pays” et sa variante « Il est pas du pays » –avant de disparaître en même temps qu’une certaine ruralité. La politique d’aménagement du territoire les a remis au goût du jour, grâce aux lois Voynet, mais en leur donnant une autre ampleur géographique.
Pays pertinents
Un “pays” du XXIe siècle englobe plusieurs communautés de communes, de gros pans de département, épouse l’histoire locale. L’État a fait de cet « espace de projets » et autre « champ de réflexion » l’arme espérée fatale du développement du territoire. En Auvergne, l’adhésion à ce dispositif a été massive au sud, plus mitigée au nord. Les Assises territoriales ont montré que les Auvergnats attendaient davantage de la Région, un véritable rôle d’animateur ou de locomotive de l’aménagement du territoire en somme. Cette demande a donc inspiré une refonte des contrats régionaux, désormais baptisés contrats régionaux de développement durable du territoire Auvergne +. D’une durée de trois ans, renouvelables trois fois, soit sur neuf ans (une charte de pays vit dix ans), ils sont passés entre le Conseil régional, un pays – ou un territoire de projet quand le pays n’existe pas encore – et les communautés de communes composant le pays. Ils s’adressent aux actions traditionnellement soutenues par la Région, comme le tourisme, la culture ou le développement économique, qui bénéficient ainsi d’un engagement contractuel sur la durée. Auvergne + permet surtout d’apporter un coup d’accélérateur aux priorités que sont l’accueil de populations nouvelles ou les services au public. Ces axes trouvent là un cadre géographique adapté, donnant à la fois la possibilité de renforcer l’efficacité des politiques locales et d’utiliser au mieux les fonds publics.
Fragilité reconnue
Mais le vrai “plus” d’Auvergne + repose sur une logique de solidarité entre les territoires. En effet, les aides financières prévues dans ces contrats sont calculées en fonction d’un indice de fragilité. Et pour évaluer la santé d’un pays, et donc le niveau de l’indice,on a recours aux données démographiques,sociales et fiscales fournies par l’Insee. La variation annuelle de population, le nombre d’allocataires du revenu minimum d’insertion et de la couverture médicale universelle entrent, par exemple, en ligne de compte pour déterminer l’effort financier du Conseil régional. Au bout du compte, si la moyenne de cette aide régionale atteint 60 euros par habitant, elle connaît, en fonction des réalités du terrain, de sérieuses variations: on passe ainsi de 13 euros dans l’agglomération clermontoise à 194 dans la Haute-Châtaigneraie, un secteur du sud Cantal.
Huit pays déjà en piste
Avant fin 2005, 8 pays sur 14 auront signé un contrat Auvergne +avec le Conseil régional. Premier de cordée en juin, le pays des Combrailles a été rejoint en juillet par le pays de Saint-Flour Haute Auvergne, le pays d’Aurillac en septembre,puis le pays de la vallée de Montluçon et du Cher ainsi que le pays Jeune Loire et ses rivières. Sont attendus très prochainement le pays du Grand Clermont,le pays du Velay et le pays du Haut Cantal Dordogne – l’un des trois pays interrégionaux avec le pays Charolais Brionnais et le pays du Forez.
Toute l’Auvergne ne s’est pas lancée avec le même enthousiasme dans l’élaboration des pays :si le Cantal et la Haute-Loire sont intégralement couverts,le Puy-de-Dôme voit encore émerger des pays du côté du Sancy et d’Ambert. Dans l’Allier, le seul pays définitif est celui qui s’étend autour de Montluçon. Un autre est en cours d’élaboration entre sud-Allier et nord-Puy-de-Dôme, sur le bassin de vie et d’emplois de Vichy.Par contre,dans le nord-est du département,tout reste à faire. Partenaires privilégiés des contrats Auvergne +, les pays pourraient trouver au travers de cette nouvelle logique d’aménagement du territoire un levier capable de dépasser les rivalités de clochers et le nombrilisme, mal français bien identifié.
24, 2005
Sur le même thème :
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Couvrant 102 communes dans le Puy-de-Dôme, les Combrailles bénéficient désormais d'un contrat Auvergne + qui soutiendra 90 projets de développement.
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