Dossier
Ligne Transversale Alpes Atlantique
Le massif central à la croisée des chemins
Un TGV traversant le Massif central, qui ferait office de trait d’union entre l’Atlantique et l’Oural… L’idée fait son chemin.
« Je suis ouvert à la discussion. Le temps de la programmation financière n’est pas encore venu », répond laconiquement Dominique Perben, ministre de l’Équipement et des Transports, à la question de la députée du Puy-de-Dôme Odile Saugues sur le projet de la ligne ferroviaire à grande vitesse Transversale Alpes Atlantique. Indiscutablement, l’examen du budget des transports à l’Assemblée nationale, le 3 novembre dernier, n’a pas été le tremplin espéré par les défenseurs de cette liaison sillonnant l’Europe d’est en ouest.
Travail de travail de Lobby
L’idée de concevoir ce grand projet a germé en 1997 dans les milieux économiques bretons, inquiets de voir le centre de gravité de l’Europe se décaler vers l’est. Ils font alors appel à l’Association logistique transport ouest (Altro), basée à La Rochelle. Celle-ci défend l’idée d’un TGV reliant Angoulême à Lyon, via Limoges et Clermont-Ferrand. Vers l’ouest, cette ligne permettrait une jonction en direction de Nantes et de Rennes. Elle ouvrirait aussi les portes, via Bordeaux, de la péninsule Ibérique. Vers l’est, le projet se grefferait au Lyon–Turin–Milan, mais également aux axes Dijon–Metz–Berlin et Besançon–Strasbourg–Stuttgart–Budapest. Dans ce réseau imaginé « au service des Européens », Paris ne serait plus le nombril du monde. Pour que l’idée prenne corps, le président d’Altro, Michel Caniaux,prend son bâton de pèlerin et part à la rencontre des collectivités locales, des services de l’État et des institutions européennes. Ce travail de lobby doit permettre de financer une “pré-étude fonctionnelle”. Elle seule permettra d’évaluer la faisabilité du projet, son impact sur l’environnement et son trafic potentiel. Quelque 360 000 euros sont nécessaires à ce stade. Les tours de table se succèdent. L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) est partante, et les élus des régions concernées font valoir leur intérêt pour la promotion d’une autre logique de l’aménagement du territoire.
Les collectivités locales engagées
Ainsi, le Conseil régional d’Auvergne annonce son intention de participer au montage financier nécessaire au lancement de l’étude. « Ce lien entre la façade atlantique et l’est de l’Europe est le grand projet d’aménagement du territoire pour les années qui viennent, explique le président de la Région, Pierre-Joël Bonté. À nous de démontrer que la volonté politique peut fédérer et venir à bout des réticences administratives. Regardons comment le TGV Est est parvenu à s’imposer, malgré l’opposition initiale de la SNCF ! » À ce jour, les villes de Clermont-Ferrand, de Limoges et de Royan ont répondu présentes à ce premier tour de table.D’autres collectivités ont choisi de soutenir le projet en adhérant à l’association Altro. C’est le cas de Cholet, d’Angoulême, de Brive, de Roanne, de Vichy, de Riom et de plusieurs conseils généraux,dont celui du Puy-de-Dôme.Pour l’heure, le compte n’y est pas encore. Or,le temps presse : Michel Caniaux voudrait que l’étude sur “son” TGV transversal soit retenue par un prochain Conseil interministériel à l’aménagement et à la compétitivité du territoire, un sésame ouvrant droit aux aides européennes. Mais il sait aussi que les années qui viennent seront riches en scrutins électoraux,ce qui ne favorise pas toujours l’émergence de l’intérêt général.
13, 2006
A l'ouest du nouveau.
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