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Transline, une idée qui chemine

Dans les cercles d’initiés, le projet est intitulé T3A ou Altro. Pour le grand public, ce sera Transline. L’idée est née d’un constat : les trafics Nord-Sud ne cessent de se concentrer en France et en Europe, sans la moindre cohérence. Or, ce transit ininterrompu constitue une véritable barrière et un frein au développement des ports de l’Atlantique, mais aussi à la mobilité en Europe. Une ligne transversale à grande vitesse serait, dans un tel contexte, une petite révolution, reliant Rennes à Lyon via Nantes, Poitiers, Limoges et Clermont-Ferrand. D’autres lignes viendraient se greffer sur cet axe. Ainsi, une liaison à grande vitesse entre Limoges et Angoulême permettrait d’inscrire Transline dans une vision définitivement européenne, avec des connexions au réseau TGV existant ou en cours de réalisation. À l’Ouest, la chaîne atteindrait Porto et Lisbonne, via Bordeaux, Biarritz, Burgos et Madrid. À l’Est, le maillage est encore plus impressionnant, puisque Transline mettrait à portée de mains des Auvergnats les villes de Turin, Milan, Venise, Belgrade, mais aussi Vienne, Bratislava, Budapest et Bucarest. 

 

Un maillon du corridor européen

Regardée comme un doux rêve il y a encore peu de temps, Transline a désormais le vent en poupe, notamment depuis que l’Union européenne plaide en faveur d’un corridor de fret allant de Kiev à Lisbonne. Traversant la France, ce grand projet européen sera soumis à un choix stratégique. Soit il bifurquera vers le Languedoc, venant alors surcharger un peu plus le sillon rhodanien, déjà fortement encombré, ainsi que la ligne à grande vitesse Nîmes/ Perpignan, pas encore construite mais déjà saturée selon les prévisionnistes du transport. Soit il partira à la conquête du Massif central pour retrouver, plus à l’Ouest, l’arc atlantique. C’est cette option que retiennent les promoteurs du projet Transline, René Souchon en tête. « La force de Transline est de répondre à des besoins nouveaux tout en se raccordant au réseau existant », souligne le président de la Région Auvergne. Depuis cet automne, il préside l’association à l’origine du projet et compte rallier à cette cause de nouvelles collectivités locales, tous les acteurs ferroviaires, l’État et l’Europe.

Reste à prouver la faisabilité économique et financière de ce scénario. L’étude préopérationnelle vient de lui donner une crédibilité nouvelle, qui devrait permettre de pousser plus aisément les portes du ministère des Transports ou de Réseau ferré de France. Une liaison à grande vitesse Clermont-Ferrand/Lyon devrait attirer quelque 7,5 millions de voyageurs en 2030 si elle se raccorde à l’arc atlantique. Si l’on est loin des scores de la ligne Paris/Lyon ou du TGV Atlantique, ces prévisions, établies dans un contexte que chacun estime raisonnable, demeurent bien supérieures à celles promises entre Dijon et Mulhouse ou Bordeaux et Toulouse, des villes appelées à se rejoindre grâce au train à grande vitesse.

1, 2007

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