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Les vacances, c'est du boulot

Le Conseil régional lance une aide pour le Bafa

Les brevets d’animateur et de directeur en centre de vacances attirent de moins en moins. Puisque le prix de ces formations est un obstacle pour les jeunes impécunieux, le Conseil régional accorde désormais une aide financière qui complète les bourses déjà existantes.

C’est pour beaucoup de jeunes la toute première  expérience dans le monde du travail.  La fonction d’animateur représente pourtant  des responsabilités importantes sans être  récompensée d’émoluments renversants... Il se  trouve en plus que la formation, le Bafa (brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur de centre de vacances et de loisirs), représente  un investissement de quelque 1 000 €.  Les candidats ne se bousculent donc pas au  portillon. Et le BafD, qui prépare aux fonctions  de direction, est à ce point boudé que les recrutements  commencent à poser problème en  Auvergne. Pour les candidats à ces deux diplômes,  la Région a décidé d’accorder un budget  qui permet de compléter le dispositif des aides  attribuées par l’État et les Conseils généraux.  Globalement, Bafa et BafD sont aujourd’hui  gratuits pour les jeunes sans ressources financières  conséquentes.  AH,

La maman à Jonathan !

Jonathan Bois ne  s’est pas tellement inquiété de l’aspect financier  des choses lorsqu’il a préparé son Bafa : « Ma  mère s’est occupée de tout. » Mais, enfin, il croit  savoir que la subvention régionale, le jour où  elle est arrivée, fut une bonne surprise. Absorbé  depuis la rentrée par ses études en Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), à  Saint-Étienne, ce jeune Altiligérien de 18 ans  est un peu loin de tout ça, mais il est sûr que  son Bafa a été un atout dans son dossier pour  entrer à l’université. « En plus, ça fait une bonne  expérience si je dois bosser avec des petits »,  estime-t-il. Même son de cloche du côté de  Laurie Chometon, 23 ans, qui vient d’intégrer  l’école d’assistantes sociales. « À l’oral d’entrée,  je pense que ça m’a servi. » Animatrice depuis  l’âge de 17 ans, elle s’était fait payer le Bafa par  le centre de vacances dans lequel elle travaillait.

Mais quand elle a voulu préparer le BafD (le BafD prépare aux fonctions de directeur), elle  a dû casser sa tirelire. L’aide régionale lui est  parvenue après-coup. C’est l’usage, car la  Région tient à l’accorder aux personnes qui  vont au bout de la formation. Laurie ne l’attendait  plus et fut très contente. Idem pour  Mélanie Pacalon, 19 ans, qui, au final, aura  quand même payé elle-même la moitié de la  formation au Bafa. Mais elle n’a pas de regrets :  « On y apprend beaucoup sur les enfants et beaucoup  sur soi-même. C’est une expérience qui peut  servir bien au-delà du milieu professionnel et qui  me sera utile si un jour je suis maman. » 

Stage théorique, rapport héroïque

Manuel  Chambellant n’aura, lui, pas eu à financer son  BafD. Plutôt normal... À 48 ans, il dirige un  centre de loisirs dans le quartier clermontois de  la Glacière. « J’étais le directeur avec un Bafa et  mon expérience. » En juin dernier, il a eu son  brevet de directeur au terme d’un premier stage  théorique de quinze jours, suivi d’un stage pratique,  puis d’un autre stage théorique d’approfondissement  et, enfin, d’un stage pratique de  direction. Là, il a rédigé un rapport au sujet  duquel il nous suggère de compatir : « Pour un  étudiant, c’est peut-être facile, mais pour un vieux  comme moi, c’est dur d’écrire une trentaine de  pages, de structurer son propos, de faire un plan... »

Enfin, son budget au moins n’a pas été traumatisé.  En plus des 300 € de la Région, il a bénéficié  de la bourse DRJS et d’une aide du Conseil  général. L’amicale laïque qui l’emploie a meme  payé le reliquat. S’il ne lui a rien coûté, le  diplôme ne lui a rien rapporté non plus financièrement,  mais Manuel est satisfait : « Ça m’a  permis de pérenniser le boulot, de m’asseoir dans  la fonction, d’avoir une meilleure représentation  sociale sur le quartier. Avant, je n’étais toujours  que le directeur-stagiaire... »

Le bon interlocuteur...

Le contact pour les aides à la préparation des Bafa et BafD est le service de l’État auprès de qui l’on s’inscrit à la formation, soit la Direction départementale de la jeunesse et des sports pour le Bafa, soit la Direction régionale de la jeunesse et des sports pour le   BafD. Ces interlocuteurs feront suivre à la Région les dossiers   des candidats reçus à l’un de   ces examens. Et la Région   contactera les bénéficiaires del’aide. Au service concerné du Conseil régional, on n’a qu’un conseil en forme de commandement   : « Tes papiers en bon ordre tu conserveras, parce qu’on te les demandera... »   Pour 2008, l’Assemblée régionale a voté pour cette opération une enveloppe de 70 000 €.

7, 2008
Je réagis
Le Conseil régional lance une aide pour le Bafa

L’aide de la Région devrait permettre d’attirer plus de candidats au Bafa.

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