Retour accueil Auvergne.info

Dossier

Trois médecins, trois parcours

Pour comprendre quelles sont les conditions de travail d’un généraliste, Miam est allé dans l’Allier à la rencontre de trois médecins.

Dr Laure Rougé
Depuis plus d’un an, elle exerce à Gannat, au sein d’un cabinet médical de groupe : « J’ai vraiment conscience d’être une privilégiée. On a un secrétariat commun, des locaux vastes, on trouve facilement des remplacements, on peut échanger nos expériences avec nos confrères. En tout cas, je n’aurais jamais accepté de m’installer en pleine campagne, même avec une bourse ! J’ai besoin d’un équilibre entre la vie professionnelle et ma famille. Et qu’on ne me dise pas que seules les femmes recherchent cet équilibre. C’est une question de génération. Le médecin cow-boy et mercenaire, c’est fini. Et travailler en groupe n’enlève rien à ma conscience professionnelle. (…) À Gannat, les médecins exercent depuis longtemps dans des cabinets de groupe. Les gens sont habitués à ce fonctionnement. Quand un médecin n’est pas là, c’est un confrère qui vous reçoit ou un remplaçant. Ici, les patients ne raisonnent plus en disant : “C’est mon médecin.”(…) Pour les visites, cela ne pose pas vraiment de problème. Quand on prend le temps de lui expliquer, un malade comprend très vite qu’il sera mieux soigné dans un cabinet médical que dans une cuisine ! (…) Le problème de base, il est à l’université. Il ne suffit pas de construire des maisons médicales. Si on ne forme pas assez de généralistes, elles resteront vides. Or, actuellement, la reconnaissance universitaire ne va qu’aux spécialistes. »

Dr. Charbel Sarkis
Après avoir exercé à Isserpent, il s’est installé 4 kilomètres plus loin, à Châtel-Montagne : « Il y a quelques années, nous étions sept médecins dans la Montagne bourbonnaise. Aujourd’hui, nous sommes cinq. Nous travaillons en bonne entente. Le secteur est très vaste, le manque de médecins, réel, et le fait que certains s’en aillent nous oblige à couvrir un territoire de plus en plus grand. Du coup, il y a du travail pour tout le monde. (…) Les visites représentent près de la moitié de mon activité. Chaque année, je fais 40 000 kilomètres. Ce ne sont pas des conditions de travail très faciles. D’ailleurs, j’ai renoncé à chercher des remplaçants. Pourquoi viendraient-ils ici, loin de tout, quand ils ont autant de facilités en ville ? (…) »

Dr. Camille Maynié François

Après vingt ans d’exercice à Randan, dans le Puy-de-Dôme, puis un passage dans la Vienne en tant que médecin du travail, elle s’est installée à Cérilly : « Je n’aurais jamais accepté de venir ici il y a quinze ans, quand mes filles étaient au lycée. Nous sommes vraiment dans un secteur géographique très isolé. (…) Les premiers mois ont été rudes. D’autant que j’ai démarré mon activité en octobre 2005, c’est-à-dire en pleine campagne médiatique sur le choix du médecin traitant. Concrètement, il faut faire constamment ses preuves. On est observé par tout le monde : les patients, mais aussi les professionnels. Maintenant, les gens sont contents, le bouche-à-oreille fonctionne. Mais il faut s’imposer à la force du poignet. Un jeune n’aurait pas tenu le coup. D’ailleurs, le médecin qui a tenté de s’installer ici avant moi a tenu trois mois.(…) On est loin de tout. Quand un patient fait devant vous , dans votre cabinet, un malaise cardiaque, quand on commence un massage, que les pompiers sont là au bout d’un quart d’heure et le Samu après 40 minutes, le temps vous paraît très très long. (…) Mais si, à la campagne, on vous jauge, on vous juge, une fois que la confiance est là, alors, c’est extraordinaire. On n’a jamais de tels rapports avec une clientèle urbaine. (…) Quand je lis des articles sur les maisons de garde, je souris. Si elles sont aussi peu nombreuses, c’est qu’il y a une raison toute simple : les médecins veulent garder leur propre clientèle. Nous sommes dans une profession d’individualistes. Et, pourtant, on aurait tout à gagner à travailler autrement. »

30, 2006

Retour à l'accueil Dossier

Je réagis
Trois médecins, trois parcours

Portraits croisés dans l'Allier

Rubriques

Portrait

Laurent François

Laurent François
L’escrimeur a décroché deux médailles aux 13èmes jeux paralympiques de Pékin.

Tous les portraits

Votre avis nous intéresse

Prochain dossier

Je réagis

Dossiers

Retrouvez les sujets qui ont fait la une de l'actualité

Tous les dossiers

Tchatez

Désormais vous pouvez poser vos questions à René Souchon à tout moment sur : www.auvergne.eu

En savoir Plus

Articles les plus commentés

Articles les plus lus

auvergne.eu, le rendez-vous de tous les points de vue sur l'Auvergne

Un portail Internet pour renouveler le lien entre le Conseil régional et les citoyens en vous donnant la parole et en rendant l’action publique plus proche de vous.

Posez directement vos questions au Président qui vous répond chaque semaine en vidéo !

Faisons bouger les lignes : la pétition pour le TGV en Auvergne
Je m'inscris Mot de passe oublié
Je m'inscris